Par DDK | 4 Septembre 2018 | 645 lecture(s)

Saharidj

Le stade communal pollué par la décharge publique

Ce qui se passe au niveau du stade communal du chef-lieu de Saharidj dépasse tout entendement. En effet, cette structure sportive, une des plus fréquentées par les jeunes à longueur d'année, est dans un état d’insalubrité criant. La raison étant sa proximité avec la décharge publique communale, sur une distance de 50 mètres à vol d'oiseau. A l'heure actuelle, cette décharge reçoit la totalité des ordures ménagères de la municipalité, qui frôle les 12 000 habitants. Il faut préciser que la décharge en question a été aménagée au sommet d’une vallée, sur laquelle soufflent des vents dominants en permanence. Le stade, lui, a été réalisé sur la trajectoire des fumées émanant des non moins permanentes opérations d’incinération des tonnes de déchets ménagers, déversées quotidiennement sur les lieux. Des fumées hautement toxiques envahissent donc, et de façon discontinue, cet unique lieu de rencontre de jeunes de cette commune et des communes voisines, lesquels organisent des compétitions inter-villages et intercommunales. Réalisée au début des années 90, cette infrastructure a été conjointement financée par l'APC, qui a dégagé une enveloppe de 400 millions de centimes destinée aux terrassements et à la préparation de l’assiette, et la DJS de Bouira, laquelle a attribué une cagnotte d'un milliard de centimes pour le reste des travaux, consistant en la réalisation des vestiaires, la pose d'une clôture et le revêtement en tuf. Aussi, la voie d’accès au stade a été revêtue en bitume sur 1 000 mètres environ. Non seulement l'on procède à l'incinération des ordures en pleine saison estivale, bravant l'interdiction, mais une bonne partie des déchets sont déversés sur les accotements de la voie d’accès au stade. Ainsi, les amoncellements des immondices mêlent leurs odeurs fétides à celle de la fumée, pour boucler la boucle. Du temps de l'occupation française, l'administration coloniale avait aménagé une décharge publique sur l'autre versant de la colline d'Achaïvou, au lieu-dit Tahemzets, en bordure de la RN30. C'est un terrain sur lequel se sont produit des glissements de terrain dégageant des surfaces nues sur lesquelles aucune végétation n'a repoussé. Pour cette raison, et en sus de son accessibilité à partir de la RN30, il a donc été choisi par les colons pour servir de déchetterie. Rappelons que l'actuelle décharge est, en plus de sa proximité avec le stade communal et de plusieurs cimetières, située à moins de 150 mètres du lycée, du centre de formation professionnelle (CFPA) et de la bibliothèque communale.

Oulaid Soualah

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