Par DDK | 6 Septembre 2018 | 1089 lecture(s)

Ahnif

Des égouts à ciel ouvert

L'apparition de l'épidémie de choléra au centre du pays a créé une véritable panique à Bouira, où des cas de contamination ont été enregistrés. Bon nombre de citoyens ont exprimé des appréhensions par rapport à la qualité de l’eau des sources et du robinet. En effet, la crainte de chopper cette maladie, qui peut s'avérer mortelle au demeurant, provoque la suspicion. Ce qui a amené les pouvoirs publics à procéder un contrôle strict de la qualité de l’eau qui coule des robinets. Et malgré les assurances des autorités locales, l’appréhension demeure grande chez la population, laquelle déplore aussi la multiplication des dépotoirs sauvages et l'écoulement des eaux usées à ciel ouvert. Des paramètres qui peuvent faire réapparaître cette épidémie si par malheur l’eau usée venait à se mélanger avec l’eau potable. Tous ces points pollués semblent avoir contribué à une prise de conscience générale chez la population, de plus en plus attentive à la moindre alerte. Malheureusement, ces lieux, qui font le nid des maladies à transmission hydrique (MTH), et à juste titre le choléra, ne sont pas éradiqués de façon à éloigner le risque d’affections contagieuses. Dans la commune d'Ahnif, la peur qu'a déclenchée la récente épidémie de choléra n'a pas laissé les habitants de cette municipalité insensibles. La nouvelle a, en effet, créé une véritable psychose. Les habitants des villages, notamment ceux qui ne sont pas dotés de réseaux d’assainissement ou enregistrent des manques dans ce volet, sont sur le qui-vive, car les eaux usées coulent dans les ravins et les cours d'eau, secs actuellement. C’est le cas à Tamellaht, où l'assainissement demeure un sérieux problème de salubrité publique. Les bouches de ces réseaux finissent malheureusement dans des ravins où sont déversées les eaux usées, créant de ce fait des cloaques et des égouts à ciel ouvert. Au village Ighil Naït Ameur pour l'illustration, il subsiste encore ce problème d'évacuation des eaux usées, celles-ci étant déversées dans un ravin touffu appelé localement «Ighzer N'Hamou Saïd». Les eaux polluées coulent tranquillement sur ces lieux, à proximité des habitations. Le comble, c’est que cet égout pestilentiel, qui charrie des eaux glauques et bleuâtres, synonyme d'une pollution très avancée, traverse des oliviers. Les habitants demandent aux autorités locales d'intervenir afin de remédier à cette situation délicate.

Y. Samir

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