Par DDK | 8 Novembre 2018 | 743 lecture(s)

BECHLOUL - Des hectares de terrains fertiles à l’abandon

Tizoughar, ou les vallées fantômes

La région Tizoughar est située à quelque 3 km au nord du chef- lieu de la commune de Bechloul.

Elle est composée de quatre agglomérations composées d’habitations familiales regroupées sur leurs terrains respectifs : Chararak, Chacha, Rehal et Djouadi. Des cités traditionnelles qui ne sont pas éloignées les unes des autres et qui forment un total de 200 foyers environ, selon les dires d’un villageois, qui n'a pas déserté les lieux, rencontré sur place lundi dernier. Ce brave paysan, éleveur d'ovins et caprins de son état, dira qu'un premier départ en masse des populations de ces patelins est survenu début quatre vingt dix à cause du terrorisme. Ces malheureux villageois se sont séparés de leur cheptel et sont allés se réfugier dans des zones sécurisées notamment en périphérie du chef-lieu de la commune de Bechloul, chez des proches ou en locataires provisoires, en attendant la fin du terrorisme. Malheureusement, avec la mise en eau du barrage Tilesdit, ils se retrouvent séparés de leurs terres en l’absence d'une passerelle, et le provisoire devient définitif pour l'écrasante majorité d'entre eux. Fait aggravant, qui les empêche de rejoindre leur ancien village, est l'absence de toute commodité ou moyens d'accompagnement, étant donné que la ligne électrique a été délestée de ses câbles durant la décennie noire par des bandes de voleurs de cuivre qui écumaient toutes les régions désertées à cette époque. A cela s’ajoute l'absence d’un réseau d’assainissement, d’une école et d’une unité de soins; sans compter le défaut flagrant d’un ouvrage d'utilité publique, qui est la voie d'accès. L'ancienne route qui les relie au chef-lieu de la commune ayant disparu durant la réalisation du barrage, il leur a été ouvert sommairement une piste qui donne accès au CW 98, plus connue sous l'appellation «route de Selim» longue de 7 km. Une voie d'accès en terre battue qui devient impraticable à la moindre averse. Notre interlocuteur est affirmatif et catégorique lorsqu’il dit que «dès que cette nouvelle voie d'accès sera revêtue de bitume, les villageois regagneront automatiquement leurs maisons, d'autant plus qu'un nouveau projet d'ouverture de piste est en cours de réalisation.» Notons enfin que ces quatre agglomérations se partagent plusieurs centaines d'hectares de terre, hautement fertiles, le long du barrage. Des terrains composés de centaines de vergers maraîchers laissés en jachère, de vastes superficies à caractère céréalière, et de plusieurs milliers d'oliviers, en plus de l'élevage de toutes sortes qui faisaient jadis, de ces agglomérations parmi les plus riches de la commune de Bechloul. Ces terrains sont à plus de 80 % abandonnés à l'heure actuelle. Il existe deux solutions pour repeupler ces lieux : soit construire un pont pour les rapprocher de Bechloul, ce qui favorisera notamment les travailleurs et les écoliers, soit procéder au revêtement en bitume de cette nouvelle piste pour désenclaver cette région.
Oulaid Soualah.

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