Par Amar Ouramdane | 9 Février 2012 | 702 lecture(s)

Aït Yahia Moussa Seule alternative des citoyens pour se chauffer

Ruée sur le bois !

S’il y a une contrée qui a le plus souffert, ces quatre derniers jours dans la daïra de Draâ El Mizan, elle ne peut être que la commune d’Aït Yahia Moussa.

En effet, même si durant l’été, certains ont pris leurs devants en remplissant leurs hangars de bois sec, d’autres ont été pris au dépourvu. Dans cette commune, contrairement aux autres municipalités de la wilaya, aucun foyer n’a encore bénéficié de gaz naturel. Pourtant, depuis près deux ans, on parle d’un projet inscrit au profit de certains villages et du chef-lieu. Le plan quinquennal, sur lequel repose l’espoir des autorités et des citoyens, tire à sa fin et les citoyens d’Ait Yahia Moussa ne voient rien venir. Les fortes chutes de neige qui ont affecté les villages nichés sur les hauteurs ont compliqué la vie aux citoyens, déjà démunis avec les coupures interminables du courant électrique qui n’a été rétabli que partiellement après le quatrième jour. Profitant de l’accalmie de mardi après-midi, les villageois sont sortis dans les champs et les maquis pour s’approvisionner en bois, même encore vert et humide. Munis de leurs haches et de leurs tronçonneuses, on les a vus emprunter les sentiers d’Ath Attela, Tachtiouine, Tafoughalt et de bien d’autres villages, en quête de branchages et, parfois même, d’arbres complets transportés à dos d’ânes ou de mulets. “Nous n’avons rien pour se chauffer. Comme vous le savez, nous n’avons ni gaz ni électricité. C’est le retour aux sources et au système D“, nous dira cet habitant d’Iaâllalen. Dans cette contrée, c‘est la seule alternative pour les habitants pour faire face au froid sibérien qui règne. Pour ceux, n’ayant pas de moyens, ils sont obligés de recourir à l’achat du bois. Là aussi, c’est la spéculation qui fait ravage. Nous avons appris que le prix d’une remorque de tracteur (environ deux mètres cubes de bois) est vite passée de quatre mille dinars à dix mille dinars. Quant à la bonbonne de gaz, elle a complètement disparu des regards, ne se vendant que sous le manteau, et à quel prix ! “Ceux qui ont stocké les quelques bouteilles de gaz les ont revendues à leurs proches et bien sûr au prix fort“, nous dira un autre habitant à Tifaou. Hier, suite aux chutes de neige dans la nuit de mardi à mercredi, les villages étaient toujours isolés et les déplacements vers les localités environnantes, comme Ait Yahia Moussa, Draâ Ben Khedda et Draâ El Mizan, étaient impossibles. Les transporteurs ne s’aventuraient pas car les chaussées sont devenues des plus verglacées. “ Nous avons peur ! Les quelques stocks en produits alimentaires chez les épiciers sont presque tous épuisés. Il ne reste presque rien. Si le mauvais temps persiste, on va passer des jours encore plus difficiles, une catastrophe risque de se produire“, pensent les villageois. Bien que les autorités essaient de déneiger les plus importants axes routiers, les pistes et les chemins communaux ne pourraient l’être que grâce à des volontariats sous la houlette des comités de villages. Contacté hier matin, le maire d’Ait Yahia Moussa nous a appris que le courant électrique a été rétabli presque dans tout le territoire de sa commune, à l’exception de quatre villages, et que les agents de la Sonelgaz étaient sur le terrain pour achever les travaux. “Suite aux chutes de neige de la nuit de mardi, le CW 152 reliant tous les villages du versant Ouest au chef-lieu, environ quinze mille habitants, a été entièrement bloqué. Pourtant, à la fin de la journée de mardi, nous avions pratiquement ouvert tous les axes”, nous a déclaré notre interlocuteur. Ce dernier lance un appel pour qu’on livre le gaz butane aux habitants de sa commune qui souffrent le martyr.

Amar Ouramdane

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