Accueil Tizi Ouzou Un «demi» infirmier gère l’unité de soins

Aït Abdelmoumène

Un «demi» infirmier gère l’unité de soins

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L’aârch d’Aït Abdelmoumène relevant de la commune de Tizi N’Tléta, à 35 kilomètres au sud de Tizi-Ouzou, est tout bonnement «oublié» en termes de santé publique. En effet, la seule unité de soins disponible est à présent abandonnée à son triste sort. «Autrefois, notre unité disposait d’un médecin et de deux infirmiers. Il y avait aussi le service de suivi mère-enfant, où nos enfants recevaient leur vaccin. Maintenant, notre unité ne fonctionne que partiellement (les matinées) car l’infirmier chargé de cette mission doit aussi travailler dans une autre structure à Ouadhias. Ce qui fait ironiser ce villageois en lachant que l’unité est gérée par un «demi» infirmier. Le médecin, parti à la retraite, lui, n’est pas remplacé. Le poste du 2e infirmier a été supprimé et hormis les injections et les pansements, rien d’autre ne se fait dans cette unité. Pour consulter, il faut aller vers Ouadhias, Tizi N’Tléta, Souk El-Tenine, Boghni, et même Tizi-Ouzou ou alors se faire déplumé par le privé. Nous demandons au responsable de la santé publique, au niveau de la wilaya, de regarder dans notre direction. Notre population se sent carrément oubliée par la DSP. Est-il juste qu’un aârch de 14 000 habitants soit oublié à ce point ?», s’interrogera le président du comité de village. Il est également à signaler que l’unité est en dégradation avancée. Les infiltrations sont légion. La peinture détachée, la boiserie vétuste et les salles d’attente transformées en débarras. Le chauffage indisponible et l’eau n’est lâchée qu’une fois par semaine. Si l’infirmier est présent, il s’en approvisionne, sinon c’est la panne sèche. Le seul frigo de l’unité est en panne depuis des lustres. Quant aux médicaments, c’est la pénurie depuis des années. Les villageois ont fini par bouder leur salle de soins et s’en vont ailleurs en quête de soins. «Nous appelons le DSP à faire le nécessaire pour équiper notre unité en moyens matériel et humain. Deux infirmiers, un médecin et un fauteuil dentaire sont le minimum vital pour un aârch de 14 000 habitants», appellera le même président du comité. À rappeler que dernièrement, lors de la visite du wali Bouderbali à Tizi N’Tléta, les comités de villages l’ont interpellé sur cette situation par écrit.

Hocine T