Par DDK | 19 Juin 2017 | 1115 lecture(s)

M’Kira

C’est la période de la pollinisation des figuiers !

Alors que la cueillette des figues biphères, appelées «Avakhour», est menée tambour battant depuis une quinzaine de jours, les villageois s’attellent, en parallèle, à féconder leurs figuiers. «La récole de ces premières figues, très succulentes, voluptueuses et rafraîchissantes ne dure malheureusement que quelques jours, soit moins d’un mois, alors que pour la maturité des autres figues de saison, "lekhrif ", il faut patienter jusqu’à la mi-août», déclare Si Slimane du hameau Ivachirène, dans la basse M’Kira, rencontré avec des jeunes venus proposer aux collecteurs qui sillonnent actuellement la région, sur la RN68, quelques cagettes de figues «Avakhour» fraîchement cueillies. Aussi, notre interlocuteur n’hésite pas à parler, avec beaucoup de spontanéité, non seulement de ses figuiers qu’ils affectionnent, en les entretenant en permanence, mais également de la saison des figues «lekhrif ». Cela dit pour avoir de belles et bonnes figues, il faut, durant toute l’année, prendre soin de ses figuiers. Et à cette période de l’année, au moment où les figues biphères mûrissent, nous avons également les figuiers mâles ou les caprifiguiers, dont les fruits arrivent à maturité et qu’il faut cueillir, pour féconder les figuiers femelles qui donneront les véritables figues que l’on consomme ou que l’on fait sécher», explique notre interlocuteur. Au demeurant, la pollinisation des figuiers femelles en cette période est très importante, pour pouvoir obtenir une belle récolte. «Depuis des temps immémoriaux, lorsque notre région possédait de vastes figueraies, chaque fellah avait au moins un ou deux caprifiguiers au beau milieu de la plantation. Il n’avait pas à se soucier de la pollinisation, car cela se faisait automatiquement. À maturité, ces figues laissaient s’échapper de leurs orifices le blastophage, un insecte spécifique responsable de la pollinisation sexuée qu’on appelle ici «Thizits». Mais s’il y en pas, il faut accrocher ces figues mâles sur les figuiers femelles, en ayant au préalable confectionné des colliers de cinq à sept fruits», termine notre interlocuteur en donnant rendez-vous vers la mi-août, au même endroit, pour le véritable «lekhrif».

Essaid Mouas.

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