Par DDK | 13 Septembre 2017 | 1247 lecture(s)

DRAÂ EL-MIZAN Logements RHP

Les pré-bénéficiaires devant la daïra

Les logements du programme RHP, réalisés sur la route de Henia et la RN68, à Boufhima, sont en passe de sombrer dans d’autres problèmes, bien que les travaux du site de Boufhima aient été achevés.

La lenteur et l’inexistence des commodités vitales, notamment l’assainissement, ont poussé, hier matin, les pré-bénéficiaires à passer à l’action. En effet, plus d'une centaine de personnes ont observé un rassemblement dans la cour du siège de la daïra, pour exiger «des réponses claires et des délais» pour occuper les logements qu’ils attendent «depuis longtemps». «Nous ne voulons plus nous adresser aux élus parce que nous avons ras-le bol de leurs fausses promesses. Ils ne font rien pour régler le problème», répond, dépité, un protestataire qui, avec ses pairs, attendaient l’arrivée du chef de daïra pour lui exposer le problème. «Comment se fait-il que, depuis déjà presque une année, le wali est venu sur les lieux, alors que ce projet d’assainissement n’est pas encore lancé ? À chaque fois, on nous répond que l’étude était en cours. Combien de temps va encore prendre cette étude ? Et la réalisation alors ?», s’interroge un autre intervenant. Tous les interlocuteurs approchés ont exprimé leur indignation : «Est-ce qu’on réalise un projet de 160 logements sans penser comment les raccorder au réseau d’assainissement ? C’est ce qu’on peut appeler un manque de vision et d’intelligence». Il est à noter, au passage, que 57 familles de Tazrout et 102 familles de l’ex-cité coloniale de Boufhima ont eu déjà leurs pré-affectations après plusieurs actions menées depuis le mois de mai dernier. Elles habitent toujours dans des cités précaires datant de l'époque coloniale. Il est attendu que l’OPGI rende incessamment les enquêtes définitives afin de remettre aux bénéficiaires des décisions d’acquisition. «C’est malheureux de voir ces immeubles en train de se dégrader et même leurs façades extérieures perdre de leur éclat, alors qu'ils ne sont pas encore habités», signale une autre personne. En tout cas, il a fallu attendre onze heures pour qu’une délégation de dix personnes soit reçue par le chef de daïra. D’emblée, les membres de la délégation ont exprimé leur doléance au premier responsable de la daïra, consistant en la livraison des logements d’autant plus que, arguent-ils, l’hiver ne tardera pas à pointer arriver. «M. Le chef daïra, nous vivons comme des taupes. À quand le dénouement de cette situation ? Nous comptons sur vous parce que nous n’avons plus confiance en nos élus. Ils nous ont menti à plusieurs reprises», lance l’un d’eux. Et au chef de daïra, M. Abdelmadjid Tabet, de répondre : «Vous savez, je suis plus peiné que vous en passant devant ces immeubles achevés et non habités. Depuis mon arrivée à la tête de cette daïra, il y a de cela deux ans, j’ai tout fait pour résoudre votre problème. N’oubliez pas que j’ai insisté pour que le wali vienne deux fois sur place, afin de prendre ce problème au sérieux». Par ailleurs, il a essayé de leur expliquer que, s’ils attendaient le projet, ils n’habiteraient pas ces logements de sitôt. «Une solution palliative a été trouvée afin d’éviter toute cette attente. Il a été décidé de raccorder ces logements à l’ancien réseau. En tout cas, j’insiste sur ça. Le maire va nous répondre sur ce qui est fait jusque-là au sujet de cette étude», leur détaille-t-il. Et de les rassurer : «Votre problème est le mien. C’est grâce à moi et à l’aide de Dieu que vous avez eu les pré-affectations. C’est déjà un acquis. Dès que les décisions définitives seront prêtes, vous réglerez les frais d’entrée et vous occuperez vos logements. C’est une affaire que je prendrai en main. Ne vous inquiétez pas». Il est à souligner que l’entrevue s’est déroulée pacifiquement. Les protestataires, qui ont quitté les lieux dans le calme, ont accepté toutes les réponses fournies, tout en souhaitant la concrétisation des promesses formulées dans les plus brefs délais.

Amar Ouramdane

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