Par DDK | 13 Février 2018 | 660 lecture(s)

Aït Agwacha

Les terres nues menacées d’érosion

La plantation d’arbres dans les champs bat son plein dans la région d’Aïn El Hammam, où les paysans se hâtent à mettre en terre des arbres fruitiers de toutes sortes. Ils reviennent du marché chargés de plants qu’ils paient au prix fort aux revendeurs qui les rapportent des pépinières. Chacun essaie de remplir les espaces vides apparus dans sa propriété. Cependant, les paysans ne se soucient pas vraiment des terrains nus autres que les leurs, pour y mettre en terre des plants devant limiter l’érosion et reconstituer la forêt. Chaque année, des centaines d’arbres partent en fumée suite aux incendies qui se déclarent fréquemment en été. Si les propriétaires de vergers se donnent la peine de replanter des oliviers, des figuiers et autres cerisiers, personne, ou presque, en revanche, ne pense à reconstituer les bois qui ont perdu leurs chênes. Ces arbres retenant le sol et à feuilles persistantes qui constituent l’essentiel de nos forêts. Les terrains abandonnés à l’érosion, ravinés par les eaux de ruissellement, sont de plus en plus nombreux. Quel que soit le chemin que l’on emprunte pour se rendre à l’ex-Michelet, on ne peut que constater ces dégâts dus, souvent, à la main de l’homme. Longeant la route nationale n° 15, menant vers Larbaâ Nath Irathen, les flancs des collines d’Aït Sidi Ahmed et d’Aït Agwacha ne sont plus que rocaille grise et moignons d’arbres calcinés. Ils contrastent nettement avec les alentours verdoyants en cette saison où l’herbe commence à pousser. Ce vaste territoire, abandonné aux flammes pendant des années, a fini par prendre la patine du temps. Cette forêt, si dense à une époque, protégeait les moudjahidine de la région durant la guerre de libération nationale. Dénudée et quittée par la faune, elle ne ressemble plus qu’à une île désertique en pleine montagne. Le long des RN 30 et 33, dans les environs immédiats de Takhoukht, la situation est aussi alarmante. Les olivaies, qui recouvraient le terrain à perte de vue, ont subi la fin inexorable que leur ont réservée les pyromanes. Il n’en reste plus que le maquis et quelques bouts d’arbres épargnés par les flammes, qui tentent vainement de se régénérer. Des dizaines d’hectares de forêt ont disparu de cette manière. Le terrain dont le couvert végétal a été calciné est voué à l’érosion. Sans l’aide de l’homme, les forêts tarderont à se reconstituer.
A.O.T.

0