Par DDK | 13 Février 2018 | 1062 lecture(s)

Tafoughalt

L'huilerie traditionnelle mise en marche

Si au début de la cueillette des olives, tout le monde croyait que le propriétaire de l'huilerie traditionnelle de Tafoughalt n'allait pas ouvrir ses portes, finalement, il a répondu à la demande des oléiculteurs. «Dans notre village, jusqu'aux débuts des années 90, il y avait quatre huileries traditionnelles qui fonctionnaient à plein régime. C'était le rythme de trois équipes par 24 heures. Avec l'installation des huileries modernes à Ait Yahia Moussa, Maâmar et à Boghni, les oléiculteurs recouraient à ces nouvelles machines. Peu de temps après, une seule d'entre elles était en activité. Mais, ces dernières années, son propriétaire l'ouvrait sporadiquement», déclarera un oléiculteur venu déposer ses sacs d'olives dans la cour de cette huilerie. Et à un autre d’ajouter : «L'huilerie moderne d'Ikhervane au centre du village est prise d'assaut. Seulement, certains préfèrent triturer leurs olives ailleurs car l'huile y est mieux concentrée et moins acide. C'est son goût qui fait la différence avec celle des huileries modernes». Pour le propriétaire, s'il a rouvert ces derniers temps c’est pour répondre aux sollicitations des citoyens. «Avec mon camion, je vais même dans d'autres villages limitrophes pour ramener des quantités énormes d'olives. Vraiment, je suis surpris par la forte demande», confiera-t-il, et de préciser que cette année le rendement est meilleur. «Les olives ramassées après les pluies de novembre sont plus rentables. Elles ont mûri contrairement à celles récoltées bien avant. Aujourd'hui, le rendement au quintal varie entre 18 litres et 20 litres. Quant à son prix, il connaît tout de même une baisse. Elle est cédée entre 650 dinars et 700 dinars, alors qu'au début elle avait atteint 800 dinars le litre, voire plus. Pour cette année, la saison est prolifique», constatera un ouvrier d’une huilerie. «Nous remarquons qu'avec l'érosion du pouvoir d'achat, sa vente a un peu reculé par rapport aux années précédentes. Nos clients qui, généralement, achetaient jusqu'à vingt litres ont réduit leur achat à dix voire cinq litres. Ils ne l'utilisent que pour les assaisonnements divers», dira un gérant d'une huilerie moderne. De leur côté, les oléiculteurs espèrent que les autorités locales ou le mouvement associatif multiplient des foires dédiées à ce produit du terroir pour faire écouler leur production. «Une fois les huileries fermées, nous trouvons beaucoup de difficultés à écouler notre huile. Il faudrait qu’on crée des coopératives où nous pourrons vendre notre production. Aussi, revoir la façon d'organiser ce produit comme c'est le cas des dattes et des céréales», souhaitera un oléiculteur.
Amar Ouramdane

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