Par DDK | 11 Juillet 2018 | 1085 lecture(s)

Larbaâ Nath Irathen

Maigre fenaison

Cette année à Larbâa Nath Irathen, tout le monde s’accorde à dire que les attentes en foin sont mauvaises, au grand dam des éleveurs. Bien que, l’herbe par endroit soit encore verte, ceux qui ont déjà fauché leurs champs se sont vite rendu à l’évidence que le fourrage est de mauvaise qualité et que le gros de la récolte est inutile, incomestible. En effet, dans ces hauteurs et ces régions montagneuses, la fenaison débute habituellement vers la mi-juin, dès le début des vraies chaleurs. Cette année, à cause de la persistance du mauvais temps, l’opération vient à peine de commencer. Mais le mercure qui s’est subitement emballé rend la tache peu aisée, surtout pour ceux qui ont beaucoup de champs à faucher. C’est un travail de longue haleine et contraignant, car, au-delà de l’effort éreintant qu’il requiert, l’impératif temps est aussi à considérer. En effet, le fauchage fait, il faut veiller à retourner le foin pour son séchage et l’engranger très tôt, la matinée pour le tasser. Il faut surtout se garder de l’exposer à la pluie qui peut réduire à néant tous les efforts fournis, car, une fois mouillé, le foin moisit inévitablement et devient impropre à la consommation. Les indices prometteurs, au tout début, ont fait frotter les mains aux paysans qui s’attendaient à une saison record, mais ces derniers ont vite déchanté devant l’hiver qui ne finissait, et ses vents qui couchaient l’herbe démesurément fournie pour l’exposer à un pourrissement inéluctable. L’attente d’une éclaircie, que dame nature se calme, a été trop longue, le temps, dans ses deux sens, a tout hypothéqué, pire, tout compromis. L’abondance des pluies et le mauvais temps n’ont pas épargné les arbres fruitiers dont les récoltes sont médiocres. A coup sûr, les prix, cette année, vont connaître, en tout, des pics vertigineux, quand on sait, d’après les échos, que c’est la même catastrophe ailleurs, dans la plupart des autres régions. Les agriculteurs tentent néanmoins de faire contre mauvaise fortune bon cœur, ils s’échinent à arracher à Dame nature le peu qu’elle consent à leur céder, et qu’elle a bien voulu épargner.

Youcef Ziad.

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