Par DDK | 23 Juillet 2018 | 1024 lecture(s)

Larbaâ Nath Irathen

Un musée nommé désir

De l’eau a coulé sous les ponts depuis que les citoyens de Larbaâ Nath Irathen ont réclamé la réalisation d’un projet de musée au chef-lieu communal. Une population qui n’a pas oublié les affres de la guerre de libération et les sacrifices qu’elle a consentis pour le recouvrement de la souveraineté nationale. Parmi les localités ayant payé un lourd tribut à la guerre, l’on citera Icheridène, qui garde en elle les souffrances et les traces des batailles anciennes livrées à l’armée française. Au premier rang des héros qui se sont soulevés contre le joug colonial, la guerrière Lalla Fatma N’Soumer. À présent, la population locale déplore l’inexistence d’un quelconque musée reconstituant l’histoire ancienne de la région, d’autant que, argue-t-on, les édifices publics désaffectés pouvant être réaménagés en musées ne manquent pas dans la localité. «A quoi bon construire tant si on a d’innombrables bâtisses abandonnées pouvant servir de musées ? Malheureusement, tous les exécutifs qui se sont succédé à la tête de l’APC n’ont pas retenu ce projet, tant souhaité par les citoyens, notamment la famille révolutionnaire. Pourtant, les autorités locales ne sont pas sans savoir l’attachement viscéral de la population à sa terre et à son patrimoine», fait remarquer un quinquagénaire. Tout comme ce dernier, les moudjahidine issus de la région ne cachent pas leur désespoir vis-à-vis de ce «rêve de longue date» qui tarde à voir le jour. Les passionnés d’Histoire, notamment de l’Algérie précoloniale, ne comprennent pas non plus pourquoi une région comme Larbaâ Nath Irathen, si riche en événements et qui a donné le meilleur de ses enfants pour l’indépendance, ne possède pas un musée rassemblant des éléments de son histoire, pour lutter contre la culture de l’oubli. «Dans le cadre de mon travail de recherche sur la bataille d’Icheridène, je pensais pouvoir facilement trouver des archives, des témoignages, des photos ou autres pour appuyer mon travail. Malheureusement, rien, même pas un endroit où chercher», s’étonnera une étudiante en Histoire. Et d’enchaîner : «Je souhaite de tout cœur qu’un musée voie le jour au niveau de Larbaâ Nath Irathen, qui, au vu de son parcours anticolonial, peut abriter jusqu’à dix structures de ce genre. Un musée s’avère nécessaire pour célébrer les héros de la région et retracer leurs parcours respectifs. C’est là un devoir de mémoire».
Youcef Ziad

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