Par DDK | 24 Juillet 2018 | 1090 lecture(s)

Tizi-Gheniff

Le mémorial Ali Mellah toujours sans statut

Inauguré le 26 juillet 2000, par l'ex-ministre des Moudjahidine, Mohamed Chérif Abbas, le mémorial baptisé du nom du colonel Ali Mellah de Tizi-Gheniff est toujours sans statut.

Si un volontaire s'occupe de la propreté des lieux, le mémorial, composé d'une salle de lecture, d'une bibliothèque et d'un musée, commence à se dégrader, notamment la stèle sur laquelle sont portés plus de sept cents noms de chahids de la daïra. «Nous avons, à maintes reprises, demandé à ce qu’on lui attribue statut. Mais, nous n’avons eu aucune réponse en dépit des démarches que nous avons faites», dira un moudjahid de la région. Et d’ajouter : «Nous avons plus de trois mille ouvrages jetés à même le sol. Nous ne pouvons pas les placer sur des étals parce que la bibliothèque n'est pas sécurisée. Pourtant, ils peuvent rendre d'innombrables services aux étudiants». Pour lui, si ce haut lieu n'a pas de statut, il se dégradera davantage. «Regardez cette stèle. Elle commence à se dégrader du sommet. Les noms commencent à s'effriter avec l’usure du temps. Nous ne savons pas si elle va encore tenir longtemps», regretta-t-il. L’on a pu constater, lors de la visite guidée, que d'autres espaces sont aussi voués à l'abandon. Pour la famille révolutionnaire de la région, il est temps que les autorités locales agissent afin que la direction des moudjahidine ou l'organisation des moudjahidine consente des efforts pour la sauvegarde de ce mémorial. «Nous avons même saisi les hautes autorités du pays concernant le patrimoine historique de notre daïra qui est abandonné. Certains sites sont squattés alors que d'autres ont carrément disparu. Que restera-t-il pour les générations futures alors qu'on parle, à chaque fois, de la sauvegarde du patrimoine et l'écriture de l'histoire?» soutient le même locuteur. Quant aux ayants droit, ils ne comptent pas baisser les bras pour, notamment, exiger la reconnaissance de la liste des martyrs du carrée d'Adila où cinquante sépultures ne portent pas de noms, 56 ans après l'Indépendance. «Nous avons mis des années pour reconstituer cette liste mais elle est toujours bloquée pour des raisons que nous ignorons. Cette fois-ci, nous ne comptons pas s'arrêter au niveau local. Nous allons certainement passer à une action plus radicale», soulignera un fils de chahid. Les ayants droit envisageraient de bloquer toute manifestation à l'occasion de la célébration des fêtes nationales, soutient-on.

Amar Ouramdane

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