Par DDK | 25 Juillet 2018 | 5391 lecture(s)

LARBAÂ NATH IRATHEN - Le cheptel touché par la brucellose et la fièvre aphteuse

Le sacrifice de l’Aïd compromis ?

D’habitude, à Larbaâ Nath Irathen, les maquignons installent, à plusieurs semaines de l’Aïd el-Adha, des boxs de moutons dans pratiquement chaque coin de rue.

Le marché hebdomadaire, qui se tient chaque mercredi, se voyait aussi inonder à cette période par des vendeurs de moutons, qui s’empressaient à se dégoter les meilleures places. Le chef-lieu de Larbaâ Nath Irathen se transformait, pour ainsi dire, en un vaste souk à ciel ouvert, où tout le monde trouvait son compte: vendeurs, pères de famille, enfants. Malheureusement, cette année, à Larbaâ Nath Irathen comme partout ailleurs, cette ambiance commerciale d’avant-Aïd risque de ne pas être au rendez-vous. En cause : des maladies contagieuses ayant affecté le cheptel ont fait leur apparition, notamment la brucellose et la fièvre aphteuse. Des affections qui touchent particulièrement les bovins et les ovins. Pour endiguer ces épidémies transmissibles à l’homme, des mesures sanitaires strictes ont été décidées par le ministère de l’Agriculture interdisant tout mouvement inter-wilaya du cheptel. En alerte aussi, les services agricoles et de wilaya ont également interdit les déplacements intra-wilaya du bétail. Si cette mesure est reconnue comme étant une action de prévention qui pourrait s’avérer salutaire à plus d’un titre, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue un coup dur pour les maquignons, et pour l’économie nationale, par extension. A l’annonce des cas de brucellose et de fièvre aphteuse, l’inquiétude s’est vite emparée des éleveurs, qui ne savent plus où donner de la tête, mais aussi des consommateurs, lesquels se demandent s’il n’est pas préférable de faire l’impasse sur le sacrifice de l’Aïd, d’autant que le prix à payer coûte les yeux de la tête. Étant sûrs de ce qui les attend en cas de contamination de leur bétail, les fellahs préfèrent se tenir aux mesures sanitaires prises par les autorités, contribuant, par là, à réduire le risque de propagation des affections susdites. «Nous gardons en tête, aujourd’hui encore, les ravages de cette maladie (brucellose) qui a décimé des troupeaux entiers. Les propriétaires des cheptels se sont retrouvés, du jour au lendemain, ruinés, voire endettés», se souvient un éleveur d’ovins d’Aït Ferah. «Beaucoup attendaient l’occasion de l’Aïd pour réaliser des ventes. Voilà que tous nos espoirs s’évaporent, à cause de ce risque de contamination qui plane au-dessus de nos têtes, comme l’épée de Damoclès», ajoute le même interlocuteur. Il termine : «Personnellement, je ne ferme pas l’œil la nuit. Espérons que les choses vont s’améliorer bientôt, car l’Aïd est à nos portes».

Youcef Ziad

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