Par DDK | 9 Aout 2018 | 1425 lecture(s)

Larbaâ Nath Irathen

Heureusement qu’il y a encore les fontaines publiques…

L’eau, cette denrée précieuse sans laquelle aucune vie n’aurait été et ne serait possible sur Terre, se raréfie de plus en plus. Avec des moyens rudimentaires, nos aïeux sont arrivés, grâce à leur ingéniosité, à captiver l’eau et à la préserver pendant des siècles, par le moyen de puits, de fontaines et autres ouvrages de stockage ancestraux. Il n’échappe, cependant, à personne de remarquer que ce patrimoine matériel tend à disparaître à la faveur de l’urbanisation et de la pollution tous azimuts. Délaissés, les fontaines et les puits constituent pourtant un plan B en cas de crise d’eau sur les réseaux de l’AEP. D’ailleurs, les seules sources et fontaines publiques qui existent encore sur le territoire de la région de Larbaâ Nath Irathen sont prises d’assaut au moindre stress hydrique, et même en dehors des périodes de pénurie par les amateurs d’eau fraîche de source. Avec le nombre excessif de ménages qui puisent chaque jour de l’eau aux sources, le débit de ces dernières se réduit drastiquement dans la saison sèche. Dans certains cas, elles tarissent totalement, et ce des mois avant le renouvellement de la nappe phréatique. Il n’est pas rare d’assister à des altérations entre usagers, qui, à bout de patience, se disputent le tour. Avant même d’arriver à ces points d’eau, certains préfèrent rebrousser chemin illico presto, en voyant de loin la grande foule de villageois qui s’agglutinent devant ces points d’eau. Les astucieux, notamment ceux possédant des véhicules, puisent leur eau aux sources d’autres villages, où les foules sont plus ou moins importantes. À Aït Aggouacha, à titre d’exemple, les sources d’eau sont notamment prises d’assaut par les usagers de la RN15, qui profitent, au demeurant, de la vue imprenable de la légendaire montagne du Djurdjura qui s’offre à leurs yeux à cet endroit. «En plus de puiser de l’eau, on fait une promenade pour contempler le beaux paysages qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Quoi de mieux que de respirer à pleins poumons l’air frais de la montagne, et quelle montagne ! Seul bémol : le débit des fontaines diminue sensiblement. Les différents déchets qui ‘’côtoient’’ ce point d’eau ne font qu’empirer les choses. Le risque de contamination n’est pas à écarter ! Bien que des campagnes de nettoyage aient été organisées et des bacs à ordures installés, la pollution persiste», s’insurge un quadragénaire. La plupart des citoyens souhaitent que de nouvelles fontaines soient réalisées ou que l’on procède, tout au moins, à réhabiliter les anciennes, vétustes, d’autant que la région recèle un potentiel hydrique notable qui ne demande qu’à être exploité.

Youcef Ziad

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