Par DDK | 12 Aout 2018 | 1133 lecture(s)

Maâtkas

Récurrentes pénuries d’eau

Face aux récurrentes pénuries d’eau potable qu’endurent la plupart des villages de la commune de Maatkas, les ménages, du moins pour ceux qui ont les moyens financiers, se rabattent en cette saison estivale sur la réalisation de puits, alors que pour les autres s’échinent à la réhabilitation des vielles fontaines villageoises. Dans toute cette histoire, ce sont les puisatiers et autres sourciers qui se frottent les mains en engrangeant de juteux marchés. Ils sont jeunes, dynamiques, intelligents et entreprenants. Ils viennent très souvent dans cette circonscription de Maâtkas pour proposer leurs services au profit des familles qui désirent avoir leurs propres sources d’eau. Originaires dans leur majorité de la petite Kabylie, ces prestataires de services très sympathiques ont beaucoup gagné en notoriété à travers l’ensemble des villages de la région de par l’efficacité avérée de leur travail. En véritables professionnels, ces sourciers ne trouvent généralement aucun mal à détecter ce précieux liquide par des procédés, pour le moins, très curieux. Armés de simples petits bâtons, et par un tour magique de cet objet, ils arrivent à vous confirmer la présence de l’eau et sa profondeur à des centimètres près. Le creusement des puits durant le printemps est fortement déconseillé, voire interdit de par les imminents risques d’effondrement qui peuvent surgir, c’est donc en cette période que cette corporation vit des pics de sollicitations. Il convient de rappeler que des dizaines de puits ont été déjà réalisés dans cette contrée sud de Tizi-Ouzou, et ce, nonobstant l’interdiction du forage clairement signifié par les pouvoirs publics sans l’autorisation préalable des services hydrauliques. Aussi, ce n’est certainement pas cette timide amélioration de la distribution d’eau dans les villages, constatée ces derniers jours, qui va inhiber cette volonté des ménages à avoir leurs propres sources d’eau, et ce, pour des raisons aussi économiques, surtout que les factures de l’Algérienne des Eaux (ADE) sont de plus en plus salées, maintenant. «L’eau de mon puits est nettement meilleure que celle du robinet, je suis sûr que c’est une eau minérale et en plus elle est gratuite!», arguera fort à propos un villageois d’Ait-Ahmed, dont le puits approvisionne aussi plusieurs familles voisines.

Amayas Idir

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