Par DDK | 14 Aout 2018 | 1045 lecture(s)

Tigzirt

Loin et cher l’îlot

Les estivants n’ont pas tous et toujours accès à la petite île paradisiaque qui fait face au port de plaisance, à deux kilomètres au large. Connue sous le nom de Tigzirt N dakhel, ce petit îlot n’est accessible qu’à bord d’une embarcation ou d’une felouque. En fait, l’île et malgré les agressions qu’elle subit à cause de cette fréquentation, reste encore très prisée par les estivants. Les embarcations qui assurent la liaison affichent des prix trop élevés. Ce qui ne diminue, cependant, pas le trafic entre l’île et la terre. Sur le port, des jeunes vont carrément à la rencontre des familles pour leur proposer des navettes à 300 dinars l’aller-retour pour la personne. Les transporteurs marins sont toujours ouverts à la négociation. Très gentils avec leurs interlocuteurs, ils consentent parfois à la demande de baisser les prix lorsque la famille est nombreuse ou éventuellement lorsque la concurrence est grande. Ce qui ne change rien au jugement des estivants qui considèrent ces prix exorbitants. «Moi et ma femme et nos quatre enfants, ça fait vraiment très cher. Le transporteur a accepté de nous y emmener à 200 dinars la place mais c’est tout de même trop cher à six. Ce n’est pas la bonne méthode de faire du tourisme», se lamente un estivant venu d’Alger. Un autre jeune estivant a soulevé un autre problème relatif aux termes du marché : «Sur place, le transporteur te propose de faire regagner le port en faisant le tour de l’ile, ou te laisser avec un rendez-vous pour le retour à l’heure que tu choisis, hors que sur l’île, il n’y a aucune garantie de sécurité. Pas de service d’ordre, pas de services sanitaires». Parallèlement à la sécurité non assurée sur l’île, les estivants refusent souvent cette offre car le prix est systématiquement doublé. De l’avis de beaucoup de touristes, l’activité de transport vers l’île doit être réglementée et non laissée à la libre spéculation. «Je ne sais même pas s’ils ont des autorisations ou s’ils sont formés pour ce travail. On risque nos vies et celles de nos enfants avec des inconnus. Normalement, ils seront tenus d’afficher leurs identités et les informations dont on a besoin avant d’embarquer avec eux. Mais bon…», affirme un estivant rencontré sur le port.
Akli N.

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