Par DDK | 23 Aout 2018 | 798 lecture(s)

Aïn El Hammam

«Tassewiqt», cette fête des enfants…

La région de Michelet, d’habitude peu animée, a connu une affluence record au centre-ville à l’occasion du marché de Tassewiqt qui se tient toujours la veille de l’Aïd.

Cette fête des enfants a attiré des milliers de personnes venues des villages de toutes les communes voisines, d’Illilten à Ath Ouacif, voire de Larbaa Nath Irathen. Les voitures particulières et les fourgons de transport ont commencé à déverser des groupes entiers dès sept heures du matin, à l’extérieur de la ville. Inutile d’y chercher une place de stationnement. Sur la route menant vers Larbaa Nath Irathen, les accotements sont pris d’assaut sur près d’un kilomètre. Il faut alors se rendre à pied jusqu’à Tiqerravine, le début du marché. Là, également, la station de fourgons de transport, délocalisée pour deux jours, est encombrée. On ne peut la traverser ou faire demi-tour qu’au prix d’une grande patience. On entend de loin, les cris des mioches, mêlés aux sifflets et à divers sons de leurs jouets. La ville semblait assiégée par cette marée humaine qui s’est concentrée le long de la grande rue, particulièrement entre Tiqerravine, à l’entrée Ouest, et la place. Des hommes des femmes et, surtout beaucoup d’enfants, vêtus de leurs habits de fête, arrivaient tant bien que mal à se frayer un passage pour se déplacer à un rythme de tortue. Les têtes des bébés qu’on prenait dans les bras émergeaient de celles des grand-mères ou des papas qui les emmenaient au marché pour la première fois. Contrairement à un passé récent, où seuls les garçons avaient le droit de sortir, ces dernières années, le marché est ouvert à tous. On y rencontre tous ceux qui désirent s’y rendre, sans distinction de sexe. La plupart des parents ne viennent pas pour les emplettes qu’ils avaient pris soin de faire la veille. Leur mission du jour est de faire plaisir aux enfants que l’on doit choyer durant les fêtes. Rien ne doit les contrarier, quitte à dépenser plus que prévu. Les petits ne se privent pas de demander des jouets par sacs entiers. Ils savent que c’est leur jour de fête et que les parents ne peuvent rien refuser à cette occasion. Les marchands, des occasionnels pour la plupart, étalent des jouets à perte de vue. Les badauds passent sans manifester d’intérêt aux quelques vendeurs de sandwichs qui s’incrustent entre les étals de jouets et ceux des vendeurs de pétards. Certains vendeurs de ces produits, normalement prohibés, les présentent sans gêne, aux clients alors que d’autres les gardent sous la table, se contentant de les proposer verbalement aux parents. Ce n’est que vers onze heures que les véhicules reprendront le chemin du retour. Des fenêtres ouvertes, les enfants tenaient des ballons sortis de leurs sacs remplis de jouets. La fête continuera avec force cris et bruit de pétards qu’on éclatera pendant deux jours.

A. O. T.

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