Par DDK | 25 Aout 2018 | 727 lecture(s)

Défaillance des commerçants et des transporteurs

Quand l’Aïd joue… les prolongations

Comme chaque année, la fête de l’Aïd qui ne doit durer que son temps, semble s’étaler, perturbant de ce fait le quotidien de la population. Jeudi dernier, en effet, jour ouvrable après la fête, beaucoup de commerces de la ville d’Aïn El Hammam étaient encore fermés. «C’est le lendemain et le surlendemain de l’Aïd, que ceux qui ont des sœurs ou des filles mariées leur rendent visite, c’est la tradition», nous dit un quinquagénaire, assis sur une marche d’un escalier menant à un local cadenassé depuis la veille de l’Aïd. On ne déroge pas à cette coutume ancestrale qui veut qu’on aille obligatoirement rendre visite au gendre et à sa famille, à cette occasion. Dans le couffin qu’on apporte on met diverses victuailles ainsi qu’une épaule ou une cuisse du mouton qu’on a découpé la veille. Certains parents, non véhiculés, sont contraints de louer les services d’un taxi ou d’un fourgon de transport pour voyager parfois sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres. Ce qui explique qu’il y a foule à la station des fourgons desservant Tizi-Ouzou. Des étudiants ou des familles entières devant rentrer chez eux après l’Aïd chez leurs parents, attendent une «éclaircie» pour accéder à un véhicule de transport. Mais le nombre de voyageurs à se bousculer dès qu’un fourgon revenant de Tizi-Ouzou, pointe au carrefour des horloges, ne permet qu’aux plus forts d’y accéder. Les autres attendront jusqu’au lendemain. Les administrations dont nous avons fait le tour donnaient l’impression de continuer la fête. Beaucoup d’employés étaient aux abonnés absents. Ces défaillances ajoutées aux absences pour cause de congé, réduisent considérablement le nombre de fonctionnaires devant faire face au travail qui s’accumule dans les bureaux. Rien ni personne ne peut mettre de l’ordre dans cette anarchie où la plupart des travailleurs, recrutés dans le cadre du filet social ne gagnent que des miettes. «Avec leurs maigres bourses, ils n’ont peur ni des ponctions ni des licenciements. Certains sont là depuis des années sans que leur situation ne soit régularisée», nous dit un chef de service qui tente tant bien que mal de colmater les brèches. Par manque d’autorité ou par excès de tolérance des responsables, la même situation se répète à l’occasion de chaque fête religieuse qui commence la veille et ne se termine que le lendemain du jour férié.

A. O. T.

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