Par DDK | 27 Aout 2018 | 1980 lecture(s)

Aïn El-Hammam - Epidémie de choléra

L’inquiétude gagne la population

Les informations sur la propagation de l’épidémie du choléra suscitent beaucoup d’inquiétude au sein de la population d’Aïn El-Hammam.

Des appels téléphoniques ou des messages s’échangent à longueur de journée avec les proches qu’on avertit du danger qui les menace. Toutes les informations distillées par la presse sont reprises et communiquées aux proches. On s’informe des causes à l’origine du choléra et surtout des mesures à prendre pour le prévenir. Un simple mal de ventre dont souffre un membre de la famille alerte tout son entourage. On ne tarde pas à se rendre au service des urgences. «Il a mal depuis hier mais dès que j’ai appris la nouvelle (épidémie), je n’ai pas hésité à le faire consulter. On ne sait jamais avec tout ce qui se dit sur le nombre de morts…», confie un jeune qui accompagnait son père souffrant de coliques. Ce n’était qu’une fausse alerte, finalement. Il devait rentrer chez lui quelques minutes après l’examen. Les parents de malades, qui attendaient d’être admis à la consultation, donnaient libre cours à leurs idées concernant ce qui se passe dans les wilayas où le virus a été déclaré, dont Bouira, «à nos portes», disent-ils. La consommation d’eau, qu’on doit javelliser, ainsi que certains fruits sont mis au banc des accusés. Certains parlent avec insistance de la pastèque «arrosée avec des eaux usées». Des champs entiers seraient détruits par les autorités en divers endroits du territoire national, dit un jeune algérois encore en vacances, «au bled». «Il ne faut rien manger de cru, car si les agriculteurs en sont arrivés à arroser ce fruit avec ces eaux, rien ne les empêchera de l’utiliser pour les légumes», signale t-il. Les détritus dont les routes et même les abords de l’hôpital sont jonchés demeurent le second sujet de conversation des regroupements de personnes dans les cafés ou lors de rencontres de familles. On ne peut parler du choléra sans faire allusion à nos routes sales et aux égouts éclatés, dont les eaux noirâtres coulent sur l’asphalte, parfois non loin d’habitations. La sonnette d’alarme, tirée la veille grâce aux réseaux sociaux, semble avoir été entendue par la population.

A. O. T.

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