Par DDK | 28 Aout 2018 | 1077 lecture(s)

Tizi-Gheniff

Une décharge gênante

Bien que l'affaissement ait été rempli de terre extraite des terrassements de la réalisation d'un projet de construction de logements, la décharge n'est pas encore éradiquée.

«Quand nous avons vu les camions décharger des tonnes de terre dans cet endroit, nous avions vraiment cru que c'était pour le planter d'arbres», dira un chauffeur de bus assurant la liaison entre la ville et les Issers (Boumerdès), nous montrant des monticules de déchets jetés dans un terrain vague tout près des eucalyptus au centre-ville. Effectivement, après les deux jours de fête de l'Aïd El Adha, la décharge a débordé de détritus de tout genre. Même si les éboueurs essaient de nettoyer les lieux, il n'en demeure pas moins que cet endroit se remplit aussitôt. «Nous avons beau essayé de l'éradiquer, en vain. Les pollueurs agissent de nuit. Une fois que tous les magasins sont fermés, ils viennent décharger leurs déchets ici. Il faudra peut-être le clôturer», estimera un élu que nous avons approché à ce sujet. Et de poursuivre, «c'est l'une des plaies béantes de la ville. Personne ne respecte les plaques interdisant de décharger les ordures. Il faudra, peut-être, passer à la répression de ces personnes sans scrupules pour mettre un terme à ce phénomène». Certes, dans tous les quartiers et toutes les cités de la ville, des bacs à ordures ont été placés là où il faut, cependant, jeter ses ordures n'importe où ne semble pas incommoder les auteurs. «Les amendes devront être fortes pour que ces personnes fassent marche arrière», nous dira un membre d'un comité de quartier du centre-ville. Il n'y a pas que cet endroit qui subit au quotidien cette agression, les chemins communaux et la RN 68 traversant une grande partie de la commune, ne sont pas épargnés. «Nous avions ramassé toutes les ordures et les cannettes qui jonchaient les abords de la RN 68, et nous avions même placardé sur les frênes des affiches stipulant que la consommation d'alcool était interdite sur les lieux. Mais, peu de temps après, le phénomène a repris de plus belle. C'est désolant», s’exclama un habitant du village Ikhlef. Le long de la RN 68, entre Draâ El-Mizan et la sortie de la ville de Tizi-Gheniff vers Chabet El Ameur (Boumerdès), les volontaires ont ramassé à maintes reprises des centaines de sacs poubelle, sans pour autant dissuader les automobilistes qui balancent en pleine nature des sachets remplis de canettes et de bouteilles en plastique. S'il est vrai que la sensibilisation fait défaut du primaire au secondaire, il est aussi vrai que le mouvement associatif est, parfois, passif devant ce phénomène ravageur. En tout cas, ces actes devraient être sanctionnés sévèrement si l’on veut faire du rêve d’un «environnement sain» une réalité.

Amar Ouramdane

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