Par DDK | 28 Aout 2018 | 1481 lecture(s)

Boghni

La forêt Tala Guilef menacée

Bien que la forêt Tala Guilef soit protégée par la loi 11/02 du 17 février 2011, elle est en butte à de multiples agressions. Avec le retour de la sécurité, les randonneurs, curieux de découvrir cet intense massif forestier avec ses arbres et sa végétation luxuriante, s’y rendent en grand nombre. Il est vrai que c’est un lieu de villégiature pour tous. Néanmoins, certains ne se gênent pas jeter toutes sortes de détritus sur place, portant ainsi atteinte à la flore mais aussi à la faune. Certains campeurs n'hésitent pas à allumer des feux, faisant fi du danger d’incendies qui guette cette réserve forestière de milliers d'hectares. «Nous avons réellement peur des retombées de cette pollution, sachant que le risque de départs de feu est accru en cette saison estivale. Certains quittent les lieux au petit matin et laissent derrière eux des tisons qui risquent être ravivés par la brise matinale. Si une telle chose se produit, ce sera la catastrophe !», s’alarme M. Mehdi Abdelaziz, chef de secteur du Parc National du Djurdjura. Et de poursuivre: «Nous sommes devant une situation que seul l'État, par le biais de ses services de sécurité, pourra solutionner. Il faut protéger ce parc de plus de 5 700 hectares de cèdres, de chênes, de pins et d'autres variétés». Dans ce cadre, notre interlocuteur estime que ce n'est pas avec quatre ouvriers que cette forêt échappera aux pollueurs : «Notre personnel est très insuffisant. Même les contrats que nous obtenions dans le cadre du pré-emploi sont suspendus. Je vous dirais que nous n'assurons pas notre mission comme il se doit, étant donné qaue nous agissons comme des "éboueurs" de la nature, avec tous mes respects pour ces agents de nettoyage qui veillent à notre propreté», soulignera-t-il. Il appellera, dans ce sillage, tous les acteurs de la société civile et les institutions à s’impliquer dans la sensibilisation afin d'éviter tous les massacres «qui guettent ce patrimoine forestier d'une valeur inestimable». Rappelons, par ailleurs, que l'hôtel El Arz, fermé en 1994 suite à un incendie commis par un groupe terroriste, est en pleine restauration, alors qu’une enveloppe de deux cents millions de centimes a été débloquée par la commune de Boghni, dans le cadre du Fonds Commun des Collectivités Locales. Cette cagnotte est consacrée à la réalisation d'une aire récréative qui sera dotée de tables, de chaises et même de jeux pour enfants, pour les familles en quête de moments de détente.

A. O.

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