Par DDK | 1 Septembre 2018 | 1273 lecture(s)

Draâ El-Mizan

La pastèque locale enfin sur les étals

S'il est vrai que la région de Draâ El-Mizan est à vocation céréalière, il est aussi vrai que les cultures maraîchères lui réussissent bien, notamment la pomme de terre et la pastèque, grâce aux barrages d'eau et retenues collinaires. La pastèque locale est justement arrivée à maturité dans de nombreux champs. Chaque jour, des tracteurs viennent charger ce fruit de saison. L’on assiste, alors, à des va-et-vient incessants de ces engins. «Bien que nous ayons enregistré un retard dans la plantation des graines en raison du temps ayant sévi en mai et juin, nous avons enregistré de bons rendements, notamment grâce à l’irrigation quotidienne. Il faut aussi dire que la chance a été de notre côté, parce qu'il n'y a pas eu d'orages dans la région. La grêle, par exemple, nous a causé des pertes énormes par le passé. Pour le moment, Dieu merci, tout va bien sauf que ces derniers jours, la psychose de la propagation du choléra nous fait un peu peur, bien que l'eau que nous utilisions est propre et ne souffre d'aucune contamination», confiera un maraîcher qui se félicite du poids des pastèques récolées jusque-là, lesquelles pèsent entre cinq et quinze kilos : «Vraiment, je n'ai pas vu d'aussi grosses pastèques depuis des années. Même la qualité des graines est très bonne», se réjouit-il. Aux derniers jours du mois d'août, des centaines de dos courbés s'attelaient à cueillir ce beau fruit de saison. «Nous sommes payés à la tâche, c'est-à-dire au nombre de pastèques cueillies. On gagne quand même notre pain. S'il y avait durant toute l'année ce genre d’activité, il n'y aurait pas eu de chômeurs», dira un père de famille. Il y a lieu de signaler, toutefois, que les jeunes adolescents constituent la majorité de la main-d’œuvre saisonnière. L'un des maraîchers confiera que des marchands de fruits viennent même des autres wilayas du pays pour acheter la pastèque locale. «Nous recevons des marchands de partout, même de l'Ouest du pays parce que là-bas, il n'y a plus de pastèque», suffira de dire un autre maraîcher. A noter que la pastèque locale est vendue à la pièce au marché de la ville ou dans d'autres endroits, et même dans les villages. Elle est, donc, fixée entre 100 dinars et 200 dinars pour celles de taille moyenne et à 300 dinars pour celles de grand calibre. C'est dire que ce fruit est à la portée des bourses moyennes quand on sait que la qualité qui vient d'ailleurs est toujours entre 30 dinars et 40 dinars le kilo, voire un peu plus dans certains espaces commerciaux. D’après les fellahs, il est temps de revoir la manière de gérer l'eau des barrages, en mettant en place un système d'irrigation fiable, afin d'éviter des dépenses supplémentaires aux agriculteurs. Ces derniers recourent à la tuyauterie personnelle et à des motopompes pour puiser l'eau, déversant, au passage, du gasoil, un carburant qui risque, à tout moment, de s’avérer une source de contamination.

A. O.

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