Par DDK | 6 Septembre 2018 | 1058 lecture(s)

Aïn El Hammam

Beaucoup d’édifices non baptisés

Chaque année, les fêtes nationales passent et se ressemblent, sans que le souhait des citoyens de la région, ne soit réalisé, de voir les structures étatiques porter sur leur fronton les noms des valeureux chouhadas. A Aïn El Hammam, les structures qui sont baptisées des noms des martyrs de la révolution sont rares. Si les anciennes rues de la ville sont dénommées « colonel Amirouche », « Bounouar » ou « Didouche Mourad », les plus récentes telle la rue d’Aït Yahia ou la rue d’Alger, la rue du lycée, attendent toujours de sortir de l’anonymat, et d’être désignées par un nom de chahid. Hormis le CEM et l’hôpital baptisés respectivement des noms d’Amer Ath Chikh, et d’Ahmed Ali Amer, les autres édifices relevant de la santé et de l’éducation demeurent anonymes. Il est d’ailleurs difficile de les distinguer, si ce n’est par leur situation. On dit souvent qu’on se rend pour des soins, à la polyclinique de « Akkar » ou à celle de « la route de Taourirt Amrane ». Le CEM d’Ouaghzen porte le nom du village voisin, plutôt que celui d’un des nombreux chouhadas dont la région regorge, comme en témoignent les listes portées sur le marbre du monument d’Ahechad Bouakouir. Ces noms qui rappellent une longue histoire et des hauts faits d’armes sont tous indiqués pour « représenter » le collège, les écoles primaires, les maisons de jeunes et les autres édifices publics, tels la bibliothèque ou la salle omnisports. Face à une telle situation, quelques fils ou femmes de chouhadas se sont chargés d’immortaliser, eux-mêmes, le mari ou le père disparu en apposant son nom sur la devanture de leur lieu de commerce. D’année en année, fête après fête, les autorités se contentent de déposer des gerbes de fleurs au monument central, lors de la célébration des fêtes nationales. Le 20 Août vient de passer, comme le cinq juillet qui l’a précédé. Le premier Novembre qui représente une occasion de remédier à cette carence, n’est pas loin. On devrait, à l’occasion, profiter pour demander aux rares moudjahidines encore en vie, de témoigner de la bravoure et du parcours de ceux qui étaient, hier, leurs camarades de maquis.

A. O. T.

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