Kamel Igman En concert demain au Cabaret sauvage de Paris

«J’ai débuté la chanson à l’âge de 15 ans»

Ali Chebli 10-12-2011 16709

«J’ai débuté la chanson à l’âge de 15 ans»

Le chanteur kabyle Kamel Igman se produira demain à partir de 15 heures au Cabaret sauvage de Paris lors d’un concert organisé par la chaîne de télévision BRTV.

Une occasion pour le chanteur de retrouver son public, l’espace d’un après-midi, mais aussi de partager ce moment de convivialité avec certains de ses amis artistes et chanteurs, conviés spécialement pour partager la scène avec lui. Dans cet entretien qu’il nous a accordé à partir de Paris, Kamel Igman nous parle de ce concert, non sans évoquer avec plaisir son parcours artistique débuté il y a presque une trentaine d’années, couronné d’une quinzaine d’albums.

La Dépêche de Kabylie : Vous allez vous produire ce dimanche 11 décembre au célèbre Cabaret Sauvage à Paris. Parlez-nous un peu de ce récital ?

Kamel Igman : C’est un récital organisé par la chaîne BRTV pour ce dimanche 11 décembre au Cabaret Sauvage à Paris. Une initiative qui me va droit au cœur et j’ai profité de cette opportunité pour faire participer à ce récital certains amis chanteurs et musiciens, à l’instar de Azwaw Saâdi, mon ex-accompagnateur au groupe Igman des années quatre-vingts ; ce sera d’ailleurs l’occasion en l’espace de ce récital de ressusciter notre groupe à travers quelques chansons en duo avec Sofiane, Oujrih, Hassan Abbassi, Karim Yeddou, Taos et le groupe Afus. Ce récital sera accompagné par une pléiade de musiciens sous la direction de Arezki Baroudi. J’espère que le public saura apprécier.

Vous allez certainement interpréter certaines chansons de votre ancien groupe Igman, qui vous a fait connaître au début des années 80…
Ce récital sera pour moi une occasion de faire plaisir à mon public et ce sera, si vous voulez, un grand moment de retrouvailles. J’ai décidé de faire appel à mon ami Azwaw avec lequel on a fondé le groupe Igman au milieu des années quatre-vingts, afin justement de faire plaisir à notre public qui aura certainement à apprécier de voir le groupe Igman se faire ressusciter en l’espace de ce récital. Ce sera à n’en pas douter le clou de ce spectacle.

Mais vous allez aussi présenter au public des chansons de votre répertoire en solo, dont celles du dernier album Thiziri. De quoi parle cet album justement ?

Absolument. Je ferai en sorte de faire plaisir à mon cher public comme j’ai toujours l’habitude de le faire. Concernant mon dernier album Thiziri, il est sorti en 2010 et la thématique aborde essentiellement l’amour et la joie. Dans cet album, j’ai interprété deux chansons en duo avec la chanteuse Nassima. J’ai également produit un clip pour la chanson Thiziri qui est actuellement diffusé à travers la chaîne BRTV, mais aussi sur Internet à travers les réseaux sociaux. Ce qui me fait plaisir d’ailleurs, puisque cela va permettre à un plus grand nombre de mélomanes de regarder et écouter cette chanson.

Vous êtes connu en tant que groupe Igman au début des années 80. Pourquoi avoir opté pour un groupe au début, avant de vous retrouver ensuite poursuivre votre carrière en solo ?
Nombreux sont peut-être ceux qui ne savent pas que j’ai d’abord commencé dans la chanson en solo au début des années 80, avant de fonder par la suite avec mon ami Azwaw le groupe Igman. C’était une époque où les groupes de musique étaient à la mode y compris en Algérie. D’ailleurs moi-même, j’étais un fan du groupe Agraw et c’est un peu grâce à ce dernier que je me suis fait l’idée avec mon ami Azwaw de fonder le groupe Igman. C’était une très belle expérience, même si ça n’a duré que quelques années. Avec ce groupe, nous avons produit deux albums en 86 et 87. C’était d’ailleurs grâce au label Agraw que je me suis fais un nom dans la chanson où j’ai poursuivi ma carrière en solo jusqu'à aujourd’hui.

Dites-nous un peu comment vous êtes justement venu à la chanson…
J’ai eu la chance de m’imprégner du monde artistique dès mon plus jeune âge. Mon père qui fut membre d’un groupe Idhaballen (troupe artistique traditionnelle) sous la direction du célèbre Baha que Dieu ait son âme, très connu en Kabylie. Donc si vous voulez, j’ai baigné dans la musique depuis ma tendre enfance. J’ai eu la chance de taper dans le bendir de mon papa dès l’age de 8 ans. Je le suivais un peu partout à travers les fêtes organisées par sa troupe et je me suis vite forgé dans le monde artistique sans vraiment le savoir. Avec le temps, la musique est devenue une partie de moi-même. Ensuite, à l’age de 15 ans, j’ai émigré en France avec mes parents. C’est à Paris que je me suis vraiment familiarisé avec le monde artistique. A force de côtoyer les artistes et les musiciens, je me suis forgé une âme musicale. Ce n’était pas facile pour moi au début, surtout que mes parents étaient à cheval sur mes études. Pour eux, pas question de faire autre chose à part les études. Dieu merci, j’ai réussi à allier les deux à la fois.

Donc si on comprend bien, vous vous êtes fait une carrière dans la chanson lorsque vous aviez atterri en France ?
Oui, c’est le cas de le dire, puisque je me suis installé en France à l’âge de 15 ans et c’est ici que je me suis fais un nom dans la chanson. Au début, c’était juste pour le plaisir. Je chantais dans des cafés à Paris, en ouverture des récitals de grandes figures de la chanson kabyle. J’ai eu donc cette chance inouïe de me produire alors qua j’avais à peine 16 ans avec Matoub Lounes, Hamidouche, Fahem Mohand Saïd, le groupe Agraw, Sofiane, le groupe Afus…tout le monde me considérait comme le petit frère. Des moments inoubliables qui m’ont surtout permis de me faire un chemin dans la chanson à mes débuts, avant de voler par la suite de mes propres ailes.

Et comment vous est venu l’idée de chanter et produire des albums ?
Au risque de me répéter, je suis venu à la chanson sans vraiment le savoir, encore moins le vouloir. A force de côtoyer les milieux artistiques ici à Paris dans les années 80, j’ai chopé si vous permettez l’expression, le virus de la chanson. C’est vrai que j’ai vécu dans un milieu artistique grâce à mon père, mais je ne me suis jamais dit que j’allais faire une carrière dans la musique. Je me souviens très bien que la première personne qui m’avait encouragé à faire un album était Moh Cherbi. Ce dernier qui m’avait souvent vu sur scène, m’avait contacté. Il n’a pas cessé de m’encourager à produire un album. Au départ, j’ai hésité surtout vis-à-vis de mes parents, mais par la suite, j’ai fini par céder, tellement je ne pouvais pas résister surtout que la chanson coulait vraiment dans mes veines. Au bout de cinq mois, j’ai réussi à sortir mon premier album en solo chez l’édition Kabylie Folk. C’était en 1983. Par la suite, on a fondé le groupe Igman avec lequel on a fait deux albums en 86 et 87, avant de poursuivre à nouveau ma carrière en solo jusqu'à aujourd’hui en produisant en tout une quinzaine d’albums.

Vous avez un public ici en Algérie et particulièrement en Kabylie. Mais à part vos albums, rares sont les galas ici en Algérie. Pourquoi cette absence ?
Cela ne dépend pas seulement de moi. Vous savez très bien que pour se produire dans un gala ou un quelconque événement, il faut d’abord être invité. J’ai eu la chance de me produire à plusieurs reprises un peu partout en Kabylie à l’occasion de fêtes et concerts privés. C’était par exemple le cas à Azazga et à la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, il y a quelques années, suite à une invitation de la chanteuse Yasmina. Mais je n’ai jamais eu cette chance de faire un récital en solo. J’espère que ça sera pour bientôt que ce soit à Tizi-Ouzou ou n’importe quelle autre ville du pays, car j’ai vraiment une folle envie de retrouver mon cher public en Algérie.

Entretien réalisé par Ali Chebli

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