Hommage à Gauguin au Danemark, où ses descendants sont nombreux

DDK 14-08-2005 11045

Après les nombreuses commémorations pour le centenaire de la mort de Paul Gauguin, qui se sont étalées de 2003 et 2004, c'est au tour du Danemark de rendre hommage au peintre français, dont la femme était danoise et qui compte de nombreux descendants dans ce pays.Le musée Ordrupgaard, dans la banlieue nord de Copenhague, qui possède déjà la plus grande collection d'impressionnistes d'Europe du Nord et qui était fermé pour travaux, va rouvrir ses portes le 31 août par une grande exposition Gauguin."C'est la première fois que le Danemark organise une exposition internationale majeure sur Gauguin", a indiqué à l'AFP la directrice du musée Anne-Birgitte Fonsmark."L'exposition qui marque la réouverture est le plus gros événement que nous ayons jusqu'ici mis sur pied", a-t-elle ajouté.Quelque 70 peintures, sculptures et céramiques de la période danoise du peintre montreront l'évolution de l'artiste de l'impressionnisme vers le symbolisme.Cette grande exposition permettra aux amateurs de Gauguin de découvrir l'aspect danois de sa vie que le centenaire n'avait pas vraiment mis en lumière.La série de commémorations avait commencé le 8 mai 2003, jour anniversaire de la mort de l'artiste dans le Pacifique, à Atuona sur l'île de Hiva Oa aux Marquises où il est enterré, avant de se poursuivre en France, notamment au Grand Palais à Paris avec la grande exposition "l'Atelier des Tropiques", entièrement consacrée à l'époque tahitienne du peintre, sur la fin de vie. En septembre 2004, et jusqu'en janvier 2005, une vaste rétrospective sur Gauguin, avant sa période polynénienne, avait eu lieu au musée Thyssen-Bornemisza de Madrid.L'exposition de Copenhague marquera le souvenir et l'admiration posthume du Danemark pour le peintre, un pays que pourtant il n'aimait guère. Gauguin arrive à Copenhague en 1883, à l'âge de 35 ans, en compagnie de son épouse danoise Mette Sofie Gad, de deux ans plus jeune que lui, rencontrée dix ans auparavant à Paris et avec laquelle il aura cinq enfants.Il n'aime ni l'hiver scandinave, ni la société danoise, et sa première exposition à Kunstforeningen (la société des arts danois) est un échec."Ce serait une interprétation erronée de dire que Gauguin détestait le Danemark", estime cependant Pedro Maria Gauguin da Silva Fonseca, arrière arrière petit fils dano-portugais du peintre."Mais il éprouvait le sentiment que les Danois le traitaient froidement, comme une sorte de Français sauvage, il avait l'impression qu'il n'était rien à leurs yeux. Ce ne fut pas une période très agréable pour lui, ce qui l'a amené à ne pas aimer ce pays", explique ce descendant."Il méprisait la société petite-bourgeoise danoise -les sales bourgeois comme il disait" ajoute-t-il. Le séjour à Copenhague fut de courte durée. Gauguin, qui a tenu un commerce de bâches tout en continuant à peindre, revenait à Paris en 1884, laissant femme et enfants sur place.L'artiste reprochera par la suite à sa belle famille, avec qui il ne s'entendait guère, de l'avoir fait partir. Paul et Mette devaient se séparer mais n'ont jamais divorcé. Il la reverra une dernière fois en 1894 avant de mettre le cap définitivement sur Tahiti un an plus tard.La descendance de Gauguin se partage en deux branches, la branche européenne, principalement danoise, et la branche polynésienne. Un coup d'oeil dans le bottin téléphonique de Copenhague permet de voir une longue liste de personnes portant le nom de Gauguin."Il y a environ 70 descendants en Europe, dont 50 au Danemark et il y en a d'autres en Norvège, en Suède, en Grande Bretagne et au Portugal", indique Pedro Maria Gauguin, 28 ans, étudiant en droit. "Nous avons tous un attachement familial fort et un côté artiste", ajoute-t-il.

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