Crête-Rouge

En quête de développement

DDK 24-09-2018 713

La Crête-Rouge, dénommée ainsi par l'administration coloniale en raison de la couleur de son sol, est une localité qui relève de la commune d’El-Adjiba, à l’Est du chef-lieu de la wilaya de Bouira. C'est l'un des plus anciens villages de cette région, qui occupe une situation stratégique sur plusieurs volets, notamment l’économique. La plupart de ses résidents sont des agriculteurs qui se partagent les légendaires plaines agricoles de «Taqaats n'Ath Yaâla» et aussi celle «N'Ath Aissi». C'est l'une des meilleures régions de la vallée du Sahel avec les plaines d'Oughazi dans la commune de M'chedallah, et leurs vastes surfaces agricoles irriguées, plates et hautement fertiles. A l'heure actuelle, la Crête-Rouge est l'un des lieux les plus attractifs pour les citoyens des daïra de M'Chedallah et Bechloul, qui y font leurs emplettes en matière de fruits et légumes, des produits locaux sains et de haute qualité cédés à des prix concurrentiels. Le centre de ce village, n'est en fait qu'un grand marché de fruits et légumes, marché malheureusement archaïque, à ciel ouvert et non aménagé. Un marché couvert et organisé vulgariserait cette filière et donnerait un coup de pouce à son développement. Sur les lieux, il est aisé de constater que ce gros centre urbain a bénéficié de peu de projets de développement, à commencer par l'indispensable opération d'aménagement urbain qui fait défaut. Les allées sont soit revêtues de sable soit toujours à l'état de piste en terre battue. Des citoyens venus nous rencontrer sur les lieux diront que la partie supérieure du village n'est pas encore raccordée au réseau de l'assainissement des eaux usées, l'éclairage public clairsemé et l'eau potable rationnée à raison d’une journée par semaine alors qu’ils se trouvent à quelques encablures du barrage de «Tilesdit». Nos interlocuteurs affirment que ce village qui avoisine les 5 000 âmes, ne dispose même pas d'un CEM car le plus proche établissement scolaire de ce cycle, est celui du village voisin de «Tamra», distant d’environ trois (3) kilomètres. Nous apprenons aussi que ce village a donné asile à plusieurs dizaines de familles de réfugiés, qui ont déserté leurs bourgades limitrophes durant la décennie noire et qui y sont toujours. Notons enfin que le village Crête-Rouge dont le nom d'origine est «Taqaats» est un carrefour où se rencontrent les bretelles reliant le CW 98 à la RN5 et le chemin de wilaya qui mène vers la station climatique de Tikjda. En plus des activités agricoles, il pourra abriter une activité touristique, en raison de sa situation géographique. Des milliers de touristes en provenance des régions Est du pays, traversent ce village à destination de Tikjda. Les villageois ont ainsi souhaité l’inscription de nouveaux projets, pour la réhabilitation du chemin de wilaya CW 98, qui relie ce village à la station de Tikjda, et d’autres projets pour l’accompagnement du secteur touristique. Toujours selon les villageois, des propositions pour la réalisation d’un hôtel et d’un téléphérique qui reliera ce village à Tikjda, ont été formulées depuis plusieurs années par des investisseurs de cette région. Malheureusement, ces deux projets n’ont toujours pas connu le jour, en raison des contraintes administratives imposées par les services de l’urbanisme de la wilaya ainsi que ceux du parc national du Djurdjura (PND). S’ils venaient à se concrétiser, ces deux projets contribueront sérieusement à la création de richesses et d’emplois pour les citoyens de cette région, et feront de Bouira, par les prestations de service qu’ils apporteront, un pôle pour le tourisme de montagne.

O. S.

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