Akbou Des villages isolés en détresse – Thighilt Makhlouf et Azouna lancent un SOS

Plusieurs centaines de citoyens, notamment ceux de Thighilt Makhlouf, Azouna, Thaazart sont livrés à eux-mêmes depuis vendredi dernier. En effet, ces trois derniers jours, la situation devient de plus en plus très compliquée, toutes les voies d’accès à ces régions sont coupées par les grosses épaisseurs de neige. Par exemple, impossible de rejoindre Thighilt Makhlouf, un village situé à plus de 600 m d’altitude ou Azouna lesquelles se trouvent coincées, laissées au sort de Dame Nature, pas d’issue et pas d’entrée et ce malgré les efforts déployés par l’APC d’Ighram. Son président M. Boussaad Ibalidene se trouvant dans les lieux, accompagné de chef de daïra d’Akbou témoigne : “Croyez-nous la situation est très vulnérable, elle est au-dessus de nos moyens, on n’arrive plus à la maîtriser, on est là depuis 10h du matin, mais rien et personne ne peut trouver des solutions, pour Thighilt Makhlouf seulement, on a mobilisé quatre engins mais sans conséquence. Il y a des endroits qui sont difficiles à accéder à cause de ses reliefs très accidentés. ” “Les denrées alimentaires, le gaz butane suscitent des incertitudes, les commerçants sont au bout de leur inquiétude. A cause des routes obstruées par la neige, il est difficile voire même impossible de chercher de bonbonnes de gaz ou d’autres produits de première nécessité. On a appelé le responsable de Naftal sis à Taharacht pour qu’il nous approvisionne de gaz butane mais sans résultat, il parait qu’il y a une absence totale au niveau de la wilaya», précise M. Ballit, adjoint de maire. Les dépôts de gaz à sec, pénurie des denrées alimentaires, des coupures d’électricité c’est la pagaille ! Mais où en est-il le plan ORSEC ? Et pourtant ça fait une semaine qu’il a été mis en branle par le wali. “On n’a pas les moyens pour appliquer ce genre de plan, on collabore avec STP (service des travaux publics), seulement ces derniers s’occupent uniquement des routes nationales, en occurrence, celle qui mène à Ath Melikehe, sinon on intervient sur l’ensemble des chemins de notre localité avec nos propres moyens dérisoires” et d’ajouter : “Le moment où nous avons reçu le BMS, nous avons procédé immédiatement à des réquisitions, nous avons mobilisé 3 chefs d’engins, 03 véhicules, des cases, une niveleuse, un chef de parc, on a même fait appel à des engins privés. Nous les adjoints, les élus ainsi que le président de l’APC sommes tous au service de 7h jusqu’au soir», nous a affirmé Mohand Ouidir Iskounen l’adjoint au maire d’Ighram. Néanmoins, la situation semble très loin d’être maîtrisée.

Preuve est là les moyens déployés sont sans efficacité à ce genre de mission, d’ailleurs le constat fait sur l’état des lieux est malheureux, la niveleuse et la case ne peuvent pas accomplir leur travail, dans ces cas d’intempéries, les autorités doivent mettre en disposition les différentes APC, des engins spéciaux comme cela a été promis il y a cinq ans. “Les chemins qui sont couverts d’un mètre et parfois plus, pour qu’ils soient débloqués, il faudrait des chasse-neige, mais on n’a pas ce genre d’engins, cette question, il faut la poser aux hautes autorités, au moment où je vous parle, des dizaines de personnes nous appellent pour intervenir, on ne peut rien faire de plus», conclut-il.

A l’instar des autres villageois des quatre coins de la Kabylie, des centaines souffrent à Akbou dans le silence, loin des yeux des hautes autorités, une situation qui risque de s’exploser. Plusieurs villages sont déclarés “sinistrés», surtout que la nature promette encore d’autres jours de mauvais temps.

Menad Chalal