Par DDK | 1 Novembre 2005 | 174 lecture(s)
L’évaluation des élèves une pierre angulaire
La réforme du système éducatif décidée par le président de la République au lendemain de sa première investiture par l’installation de la commission nationale présidée par Benzaghou aborde sa troisième année. Certaines recommandations données par les membres de ladite commission sont appliquées. D’emblée, on retiendra le changement radical des programmes d’enseignement ainsi que des manuels périmés aussi bien dans leurs contenues que dans leurs référents culturels. Pour ce volet, nombreux sont les pédagogues qui ont relevé le côté positif de cette réforme. “On ne peut aspirer à rentrer de plain pied dans une mondialisation avec des générations qui ne maîtrisent rien en technologie ni encore moins en informatique. Il faudrait balayer de notre environnement tous les archaïsmes. Les futurs cadres doivent être des citoyens responsables et autonomes”, tel est le constat fait par un pédagogue en retraite. Quant aux méthodes centrées sur des projets, les enseignants ne les maîtrisent pas pour autant mais force est de leur reconnaître cette sincérité par rapport à la révolution dans l’enseignement. D’autre part même si le manuel est souvent cher, hors de la portée des familles, il n’en demeure pas que sur le plan qualitatif il est un outil où un investissement palpable est ressenti. La place donnée à la lange française, comme langue étrangère, dont les finalités ne sont que pour les besoins de recherche et de communication est bien accueillie par les parents. En deuxième année primaire, cette langue ne cesse de gagner au sein de ces enfants un engouement grandiose. Cette réforme comble des vides que l’école fondamentale a laissé durant des années, mais voilà que tamazight deuxième langue nationale n’en bénéficie pas pour autant.Dix ans après son introduction dans le système éducatif, son statut n’est que mineure même les mesures annoncées par le ministre lui-même ne sont pas appliquées dans sa sphère géographique. De nombreuses zones d’ombre planent encore sur l’avenir de cette langue. “Réellement,il n’y a aucune volonté politique pour la promouvoir. Dix ans après, le nombre de wilayas où elle a été lancée à diminué. Même en Kabylie, elle est en régression. Au lendemain de l’arabisation, tous les moyens ont été mis à la disposition de cette langue”, pense un pionnier de la première heure. Et d’étayer sa pensée : “Les responsables ne font rien pour cette langue (tamazigt). Il ont promis de l’introduire en quatrième année primaire. Sur le terrain, la réalité est tout autre. A notre connaissance, elle n’est enseignée dans aucun établissement à ce niveau. Déjà, au niveau des collèges des régions berbérophones. Elle n’est pas encore généralisée. Aucune évaluation n’a été faite pour cet enseignement. Ce n’est qu’un leurre et une démobilisation pour les élèves qui l’ont étudiée au collège puis qui ne l’ont pas retrouvée dans les lycées. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Dans cette réforme, les responsables insistent surtout sur l’évaluation des élèves. En effet, à ce propos, désormais les apprenants seront évalués de la sorte : évaluation continue (interrogations orales et écrites, devoirs de maison…) deux devoirs surveillés, une composition le tout divisé par cinq. Mais le plus important dans cette nouvelle forme est cette chance donnée aux élèves dont la moyenne avoisine 04,5/10 pour les élèves du primaire et 9,99/20 pour les élèves du moyen. Dans cet ordre d’idées, il est à préciser que pour bénéficier de ce rachat, l’apprenant doit répondre à certaines conditions : l’élève doit avoir réussi dans les enseignements de base (arabe, maths, français) pour subir ensuite des compositions dans les matières où il n’a pas obtenu le moyenne. En tout cas quelque soit la méthode préconisée, seuls les résultats dans les examens de fin de cycle qui réflétent plus au moins le niveau réel des élèves et de l’école en général. L’on se demande si enfin de parcours, les réformes engagées seront-elles évaluées pour porter les correctifs qui s’imposeraient ? Car depuis l’Indépendance, le système éducatif n’a jamais subi un diagnostic en mesure de son importance.En définitive, tout ce qui est en train d’être investi devait tout de même rapporter quelque chose à l’école algérienne dont les critiques n’ont pas cessé.
Amar Ouramdane






