Une flambée de violence islamiste est observée, depuis deux semaines, particulièrement aux portes d’Alger. Attentats à l’explosif, assassinat, faux-barrages, rackets sont allés crescendo à l’approche de l’Aïd El Fitr. Ce regain de terrorisme s’est distingué, a-t-on constaté, des flambées enregistrées dans la même période de jeûne, entre 2002 et 2004. La soudaine escalade de la violence intégriste laisse supposer que ses commanditaires refusent, en gros, de rallier l’ordre public, dans le cadre de la nouvelle politique de réconciliation nationale approuvée, il y a cinq semaines, par voie référendaire. Depuis le 29 septembre dernier, en effet, on ne dénombre officiellement que 5 redditions dans les régions de Boumerdès, Réghaïa et Tizi Ouzou. A Bouira, on n’a fait que supputer jusque-là sur l’imminente reddition de certains groupuscules de terroristes, notamment ceux d’Ahmed Djebri, « ancien émir » local du GIA. dégradé par ses pairs suite à la création du GSPC. La multiplication des tueries avant la mise en application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale à travers la promulgation attendue de lois précises, renseigne tangiblement, en tout cas, sur les surenchères des groupes islamistes armés. Plus d’une trentaine d’éléments des forces de sécurité et autres patriotes ou membre des GLD auront été les victimes, en moins de trois semaines, des commandos du GSPC. Le tiers de ces victimes fut enregistré, durant ces deux semaines, dans la seule wilaya de Boumerdès.
Et plus graveLe GSPC grossit ses rangs chaque fois que possible, par de nouvelles recrues. A Baghlia, juste après l’assassinat d’un patriote lundi dernier, un jeune âgé de 24 ans et répondant aux initiales K. B., aurait pris le maquis. Agés de 16 et 17 ans, deux autres adolescents originaires du village agricole voisin de Benchoud sont signalés, depuis cinq jours parmi les terroristes actifs de cette circonscription. En tuant tout en grossissant leur effectif, les hordes islamistes locales d’El Ansar et d’El Arkam —supervisées par Hamid Saâdaoui alias Yahia Abou El Haythem — veulent diaboliquement inscrire leur subversion dans la durée. La terreur est vite exploitée par des sanguinaires pour renflouer leurs caisses, par le biais du racket. Agriculteurs et commerçants sont de plus en plus appauvris, humiliés, notamment sur l’axe Zemmouri-Dellys. La peur s’est également réinstaurée, à la périphérie immédiate de Boumerdès. Derrière les récents attentats perpétrés à Tidjelabine, Corso et Zemmouri se profile l’ombre des « émirs » locaux du GSPC, à l’instar de Benamrouche, Bentifraoui et Hadjres. Mais ces chefs terroristes sont soutenus, selon des informations recoupées par de nouveaux islamistes actifs dans les maquis et l’autres encore agissant dans la clandestinité. Le Ramadan 2005 a été particulièrement sanglant. Et la menace plane encore dans différentes régions du centre du pays. Seule une mobilisation générale, tout au moins sous forme de redoublement de vigilance, permettra d’enrayer d’éventuels attentats. Mais l’éradication définitive du terrorisme ne peut-être que le fruit d’une législation éloignant les forces de l’obscurantisme de l’activité politique, profèrent de nombreux observateurs de la scène sécuritaire.
Salim Haddou
