Par DDK | 3 Aout 2016 | 4249 lecture(s)

Sidi-Aïch Catastrophe écologique à la rivière de la Soummam

Des centaines de poissons morts flottent en surface

Une fois de plus, une catastrophe écologique vient de se produire dans la mythique rivière de la Soummam.

En effet, dans la matinée de dimanche, des riverains de la ville de Sidi-Aïch ont été surpris par la découverte d’une importante quantité de poissons morts flottants sur les eaux de la rivière de la Soummam. La nouvelle s’est propagée comme une traînée de poudre dans les villages voisins. Des centaines de poissons, dont des carpes, anguilles et barbots, ont été trouvés morts, remontant à la surface de l’eau. Cette mort suspecte est l’œuvre funeste de produits chimiques déversés sans vergogne dans le lit de la rivière. Pour rappel, le même phénomène s’est produit en septembre 2014, où une enquête a été mise en place avec la collaboration des directions de l’environnement, de la pêche et l’APC de Sidi-Aïch, dans le but d’élucider la cause à l’origine de la mort de ces poissons. Mais, force est de constater que les résultats de l’enquête n’ont guère mis fin à ce drame écologique. Au demeurant, plusieurs hypothèses sont avancées, mais aucune n’est encore confirmée. Certaines personnes pensent qu’il s’agirait d’une asphyxie due à un manque d’oxygène dans l’eau à cause de la faiblesse du débit ou d’une crue de l’oued, ce qui a engendré l’obturation des branches des poissons par la boue et le sable. D’autres penchent sur une contamination générée par les multiples produits chimiques qui finissent dans le lit de la Soummam. Cette rivière est devenue par la force du temps un réceptacle de toutes sortes de déchets. Au rythme où vont les choses, ce fleuve agonise jour après jour, au grand dam des riverains qui se voient impuissants devant l’ampleur des dégâts. Autrefois, l’eau cristalline de la Soummam faisait le bonheur de toute une région. Les retombées de l’usage de cette eau réservent un sort funeste pour la santé des riverains, idem pour l’utilisation des eaux du fleuve à des fins d’irrigation, ou plus fréquemment, des éleveurs abreuvent leur bétail à cet oued. Le fond du fleuve est devenu le refuge de toute sorte de débris et gravats. Ce fleuve longtemps attelé à l’histoire de toute une région est devenu, regrettablement, le réceptacle des eaux usées. Un autre facteur de pollution à ne pas négliger est les différentes usines répandant toutes sortes de déchets directement dans le lit de la Soummam. Des mesures doivent être prises en considération afin de remédier au danger guettant notre rivière, la Soummam. Au demeurant, il faut mettre en place un arsenal de règlements et d’actions allant dans le sens d’une meilleure protection de ce cours d’eau, car il y va de l’avenir de tout un chacun. La société civile est d’autant concernée par cette dégradation criante du fleuve. L’incivisme et le non-respect de l’écosystème ont amplement vicié la faune et la flore.

Bachir Djaider

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