Par DDK | 20 Mars 2017 | 642 lecture(s)

Pr Abdelkrim Messaoudi, doyen de la faculté de médecine

«On a déjà mis au point un programme de rattrapage»

à travers cet entretien, le doyen de la faculté, Pr Abdelkrim Messaoudi, commente la reprise des cours au département de pharmacie et évoque d’autres questions en rapport avec sa faculté.

La Dépêche de la Kabylie : En tant que doyen de la faculté de médecine, quelle évaluation portez-vous sur la situation qui prévaut au sein de votre établissement ?
Pr Abdelkrim Messaoudi : Beaucoup de choses ont été faites dans cette faculté, mais il reste encore beaucoup à faire. Après deux mois à ce poste de doyen, et concernant le plan pédagogique, l’enseignement se déroule dans des conditions normales. Pratiquement tous les modules sont assurés. Les stages et les examens du premier semestre ont été faits et ceux du second ont été entamés. En matière d’effectif enseignant, dans les trois départements de la faculté : médecine, pharmacie et médecine dentaire, nous avons un nombre d’enseignants suffisant pour le premier, mis à part pour quelques modules où on a recours à des vacations. La même situation est relevée au niveau du département de pharmacie. En revanche, pour le département de médecine dentaire, on a un manque flagrant en matière d’enseignants. Plus de 50% des cours sont assurés par des vacataires. Un autre sérieux problème se pose, celui de la structure. Toute la structure actuelle de la faculté est en préfabriqué et elle a dépassé l’âge de validité. Elle est dans un état catastrophique, ce qui a d’ailleurs poussé les responsables au début de l’année à délocaliser une partie des étudiants des trois départements vers le nouveau campus de Tamda. Pour l’année prochaine, on est en train de travailler avec M. le recteur pour trouver des solutions à ce problème. Les autres régions du pays ont toutes bénéficié de nouvelles facultés de médecine, mais pas Tizi-Ouzou. Le constat est là, on doit trouver des solutions en urgence, notamment des places pédagogiques pour les étudiants. Pour le département de médecine, on a 3 443 étudiants, en pharmacie 955 et en médecine dentaire 519 étudiants. Comparé à celui des autres facultés, ce nombre n’est pas vraiment très important, mais vu la situation de la faculté, ça nous pose un énorme problème.

Vous êtes arrivé à la faculté dans des circonstances difficiles,caractérisées par la grève au niveau des deux départements de pharmacie et médecine dentaire. Comment avez-vous géré cette situation délicate ?
Concernant le département de pharmacie, la grève était nationale et les revendications étaient surtout pédagogiques avec quelques autres d’ordre socioprofessionnel qui concernent le statut. La grève avait débuté le 22 novembre 2016. A mon arrivée, la première chose qu’on a faite fut d’entamer un dialogue avec les étudiants pour leur expliquer la situation. On a aussi transmis leurs doléances à la tutelle pour une éventuelle prise en charge. On a fait plusieurs réunions avec le recteur et les représentants des étudiants. Ils ont également été reçus par le Premier ministre. La dernière rencontre en date fut la réunion interministérielle avec la présence de représentants du ministère de la Santé, de l’Enseignement supérieur et de la Fonction publique. Ce jour-là, ils ont réussi à trouver un terrain d’entente. Toutes les revendications pédagogiques ont été prises en charge. Pour le statut, ils étaient à la catégorie 13 et ils sont passés à la 14. Concernant médecine dentaire, la même situation a été enregistrée. Ils ont entamé leur grève tardivement comparé aux autres départements à l’échelle nationale. Les revendications sont nationales, d’ordre pédagogique, plus le statut. Le même marathon de réunions a été fait. Le dialogue a été, là aussi, privilégié, mais malheureusement la situation avait pris une tournure difficile avec la grève de la faim qui a duré presque une semaine.

Justement, comment avez-vous vécu cette période ?
Nous étions en contact permanent avec les étudiants. Nous avons installé une cellule de crise et une permanence au niveau de la faculté pour les accompagner H24. Nous avons contacté le CHU de Tizi-Ouzou, que je tiens à remercier à cette occasion, qui a mis le SAMU H24 à notre disposition. La protection civile aussi. On était tous à leurs côtés et on les a accompagnés. Je remercie tous ceux qui se sont déplacés à la faculté, dont les autorités, à leur tête le wali qui nous a énormément aidés, ainsi que tous ceux qui se sont souciés de la situation.

Aujourd’hui (hier ndlr), les étudiants en pharmacie de l’UMMTO ont repris les cours, ceux de médecine dentaire pas encore…
Les étudiants ont décidé d’arrêter la grève de la faim, ce qui est déjà encourageant. L’arrêt des cours lui se poursuit, mais le dialogue n’est pas rompu et je suis optimiste. Les étudiants en pharmacie ont quant à eux repris les cours aujourd’hui (hier ndlr). Nous avons fait une réunion à notre niveau, jeudi dernier, et nous avons établi un programme de rattrapage qui a été entamé ce matin à 8h (hier ndlr). Grâce à l’intervention du recteur, l’hébergement, la restauration et le transport seront assurés pour les étudiants, durant la période des vacances.

Pensez-vous qu’avec le programme tracé vous arriverez à rattraper le retard accumulé ?
Je profite de cette occasion pour remercier les enseignants et les responsables qui ont travaillé tard, même le week-end, pour établir ce planning. Je remercie les enseignants qui ont accepté de travailler même durant les vacances. Je suis optimiste quant au fait que ce programme sera respecté et que le retard sera rattrapé d’ici la fin de l’année.

Un dernier mot ?
Je tiens à préciser que nous encourageons tous les enseignants et étudiants qui veulent lancer un travail de recherche. Un programme de formation continue a été lancé pour ceux qui préparent le résidanat et nous sommes en train de faire tout un travail pour augmenter le nombre de postes en résidanat l’année prochaine. Je rassure les étudiants, nos portes seront toujours ouvertes pour écouter leurs doléances, les accompagner et trouver des solutions à leurs problèmes. Le dialogue sera toujours privilégié dans notre politique.

Entretien réalisé par Kamela Haddoum.

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