Par DDK | 20 Avril 2017 | 3470 lecture(s)

37e anniversaire du Printemps berbère

La cause à la conquête des espaces

Dans les années 80, de jeunes militants et défenseurs de la langue amazighe professaient : «Qui vivra verra, Tamazight vaincra !». En illuminés qu’ils étaient, ils savaient que tamazight allait être un jour relevée au rang qui est le sien : une langue nationale et officielle.

C’est désormais chose faite! Mais le combat, comme disaient les acteurs d’avril 80, continue toujours. Cela, d’autant plus que l’usage de cette langue millénaire reste marginal dans les institutions de l’Etat algérien.

Certes, les temps changent, mais les aspirations des générations s’entremêlent. La quête, dans les années 80, d’une hypothétique reconnaissance du référent identitaire amazigh s’est, aujourd’hui, muée en combat pour la conquête des espaces dans les institutions publiques, les laboratoires de recherche, médias, etc.

D’avril 80 à nos jours, les aspirations de la Kabylie restent en partie inassouvies. Le combat de Mammeri et tant d’autres intellectuels de l’Algérie post-indépendante, voire bien avant, pour une Algérie plurielle, demeure d’actualité.

Les acteurs d’avril 80 aspiraient, au-delà de la consécration de tamazight langue nationale et officielle, à une Algérie plurielle, plus respectueuse des spécificités régionales. 37 ans plus tard, nous en sommes toujours loin ! La génération du printemps 80 humait la démocratie et les droits de l’homme.

Il en est de même pour celle d’aujourd’hui qui inscrit ses actions dans le prolongement de toutes les luttes identitaires et démocratiques engagées avant et après le printemps berbère de 1980. Le foisonnement des initiatives, qui toutes tirent leur «légitimité» de la symbolique date du 20 avril 80, témoigne d’une maturité politique des populations de Kabylie.

Même des chefs de partis politiques se reconnaissent, désormais, dans le combat de la génération d’avril 80. Tant mieux ! Il ne reste aujourd’hui qu’à faire bouger les lignes pour que la flamme d’avril 80 éclaire toute l’Algérie, voire tous les pays du Maghreb.

Dalil S.

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