Par DDK | 18 Mai 2017 | 2224 lecture(s)

Marché - Prix des fruits et légumes

Appréhension à la veille du Ramadhan

à l’approche du mois de Ramadhan, l’appréhension de voir les prix flamber s’installe chez les citoyens. D’autant plus que cette année, ce mois intervient dans un contexte difficile, caractérisé par une baisse sensible du pouvoir d’achat, entrainée par la conjoncture économique que vit le pays. A Tizi-Ouzou, en ville et comme ailleurs à travers certaines localités, la situation est quasi la même, dans les divers marchés.

«Les prix des fruits et légumes pour le moment sont stables, vu que depuis quelques semaines, ils sont plus ou moins inchangés, quelques uns ont même baissé», a fait remarquer un détaillant abordé dans la ville de Mekla, pas loin du marché. Un constat, qui ne semble pas pour autant réjouir le simple citoyen, qui se plaint toujours de la cherté de certains légumes et fruits. «Rien n’est abordable pour quelqu’un qui touche un salaire de 18 000 dinars par mois !», rétorque une dame qui était sur place.

«J’ai fait le tour du marché, regardez ce que j’ai acheté,» insiste-t-elle en montrant son couffin, à moitié vide, dans lequel on pouvait distinguer quelques pommes de terre, des oignons et des carottes. Mohamed, un transporteur, qui a l’habitude de s’approvisionner de ce marché local chaque soir avant de faire son dernier voyage, chez lui à Taourirt, explique : «les prix ne sont pas réellement élevés, mais que voulez-vous, on n’arrive plus à suivre, c’est un tout».

«C’est mieux qu’avant, je ne me plains pas, honnêtement,» dira cet autre monsieur, dans la foule, qui faisait ses courses en famille. Notons que, ce marché, est connu dans la région pour les prix raisonnables pratiqués à longueur d’année. Avant-hier, à titre d’exemple, L’Aubergine était affichée, à 90 DA, le poivron et le piment aussi, la tomate à 50 DA, même prix pour les courgettes, carottes, et la laitue. Le concombre était vendu à 70 DA, la betterave à 40 DA, même prix pour les pommes de terre tandis que le haricot vert était à 120 DA et la pastèque est à 60 DA le kilo. L’année passée ce fruit avait atteint des sommes exorbitantes à la même période de l’année. La banane était affichée à 280 DA alors qu’elle avait atteint les 800 DA il y a quelques semaines. La nèfle était à 120 DA et l’abricot à 200 DA. Les grossistes indexés Samir, un jeune commerçant activant depuis des années, dans ce marché, a noté une légère baisse des prix comparé aux semaines passées. Toutefois, il n’a pas caché son inquiétude pour les jours à venir : «les prix ont baissé par rapport aux semaines passées, mais au début du Ramadhan, ils vont certainement remonter, c’est une certitude». «Enfin, au moins pour la première semaine, c’est quasiment une règle, après ça pourrait baisser,» pronostique son voisin, du stand d’à coté. «Ce n’est pas à notre niveau que les prix se décident, c’est le gros qui les déterminent», a-t-il regretté. «Notre situation ne diffère pas de celle de nos clients, on a beaucoup de perte qu’on ne récupère pas. On ne prend que 10 à 15 DA de bénéfices contrairement à ce que tout le monde croit.» «On suit juste le cours du marché. Avec l’arrivée du Ramadhan et la frénésie des ménages, la demande augmente, et l’offre ne suit pas, ce qui engendre cette hausse des prix. Les grossistes qui abusent du stockage, se mettent alors à sortir la marchandise à petites quantités pour les vendre plus cher», explique de son côté ce commerçant abordé en son alimentation générale. Se plaignant de la spéculation d’avant Ramadan, selon lui «les commerçants sont tout aussi victimes au même titre que tout le monde». «Le manque de contrôle est un réel problème,» renchérit-il. Et pourtant à Tizi-Ouzou, les commerçants sont presque unanimes à témoigner de la régularité du contrôle qui semble d’ailleurs les agacer. «Les services du contrôle de qualité prix, débarquent souvent chez moi» indique ce tenancier d’une alimentation générale pas loin du marché couvert du chef-lieu. En revanche, dans certains marchés au niveau des localités provinciales comme Mekla et Azazga, on affirme n’avoir jamais eu la visite de ces contrôleurs dont on n’entend que parler. «Depuis trois ans, jamais un contrôleur ne s’est présenté dans ma boutique,» avoue un gérant d’un magasin au centre ville d’Azazga. C’est dire que la régularité et la généralisation de l’acte de contrôle est loin d’être respecté par les services concernés.

Kamela Haddoum.

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