Par DDK | 18 Mai 2017 | 707 lecture(s)

Kada Adjabi, directeur du commerce de Tizi-Ouzou

«80 brigades sont mobilisées !»

à l’approche du Ramadhan, à la direction du commerce de Tizi-Ouzou, on indique que des mesures sont arrêtées pour tenter de garder le contrôle sur le marché du Ramadhan. La surveillance de la qualité des produits, des prix et l’équilibre du marché et d’autres questions encore, sont autant de sujets évoqués par le directeur du commerce de la wilaya, M. Adjabi, dans cet entretien.

La Dépêche de Kabylie : Le marché a toujours observé une effervescence à l’approche du mois de Ramadhan. Quelles sont les mesures prises pour assurer la meilleure régulation possible ?

M. Kada Adjabi : Nous avons, en effet, tracé un programme spécial Ramadhan. Nous avons mobilisé tous les moyens logistiques et humains. On a partagé la wilaya en dix zones. Chacune dispose de brigades spécifiques, selon le tissu commercial de chacune. Dans la wilaya, on a en tout 80 brigades mobilisées pour le mois sacré. Nous contrôlerons en continu la qualité des produits, les conditions d’hygiène et les dates de péremption. Notre priorité ce sont les produits de première nécessité et les établissements de restauration. Pour les prix, c’est surtout le contrôle des produits régulés, subventionnés par l’Etat : le pain, le lait, l’huile, la farine, etc. Le dispositif anti-spéculation, qu’on a mis en place depuis le mois de février, va nous éviter les dépassements.

Les citoyens redoutent une flambée des prix durant ce mois de Ramadhan, comme c’est le cas du reste à chaque fois…

On ne peut certifier qu’il n’y aura pas de flambée des prix, mais nos dispositifs seront sur place pour l’éviter. En matière de spéculation, nous rassurons le citoyen qu’il n’y aura pas de spéculation, car nous surveillons les chambres et les magasins. Néanmoins, il faut reconnaitre que le citoyen est parfois responsable de la situation. Il achète les produits en grande quantité et les stocke chez lui. C’est ce qui fait que la demande augmente et que l’offre diminue. En matière de lait, avec les quatre laiteries que nous avons sur le territoire de la wilaya, nous avons mis en place un dispositif, depuis une semaine. Nous rassurons les citoyens, le lait arrivera dans toutes les localités de la wilaya. Toutefois, nous demandons à nos concitoyens d’acheter juste la quantité à consommer dans la journée. Nous avons étudié la question durant huit réunions. Nous avons instruit nos contrôleurs de suivre à la trace les camions. C’est un dispositif qui commence à la laiterie et se termine chez le commerçant. Encore une fois, on rassure le citoyen, le lait sera disponible. Nous allons également lancer le marché du Ramadhan, comme chaque année, quelques jours avant le Ramadhan. C’est aussi un moyen de réguler. La population y trouvera tous les produits nécessaires. Nous aurons plus de 40 intervenants, qui seront ni grossîtes ni détaillants, ce seront des distributeurs qui apporteront le produit du fabricant directement au consommateur, à des prix vraiment bas. L’opération est chapeautée par le wali. Le marché sera implanté comme d’habitude au niveau de l’ancienne gare. Il proposera tous types de produits, fruits, légumes, et même de la boulangerie et des vêtements. Nous avons d’ores et déjà commencé l’installation des stands.

A chaque Ramadhan, beaucoup de commerçants changent d’activités, cela est-il autorisé ?

Le changement d’activités n’est autorisé qu’avec le changement du registre de commerce. Nos brigades ont été instruites de remédier à ce problème. Chaque commerçant qui voudrait changer d’activité doit changer son registre de commerce. Les autorisations de l’APC ne sont pas réglementaires et ne constitue aucunement un quitus pour changer son activité commerciale pour une certaine période. Car donner des autorisations à des commerçants d’aménager exceptionnellement dans des lieux spécifiques, comme les foires, les aires aménagés pour l’attraction du citoyens, des jardins, la plage, c’est une chose et changer son activité commerciale est une autre. Cette dernière est soumise à la délivrance exclusive d’un registre de commerce en rapport avec l’activité.

Concernant la dernière instruction du ministère du Commerce sur l’affichage des prix de la viande et sa provenance, on a constaté que, mis à part au niveau du chef-lieu, celle-ci n’est pas scrupuleusement respectée ailleurs…

Nous suivons tout cela et nous ferons en sorte qu’elle le soit progressivement. Nous avons un dispositif qui consiste à surveiller les prix de la viande et sa provenance. A Tizi-Ouzou, depuis le mois d’octobre, le prix de la viande avec os est stable, il n’a pas dépassé les 980 DA, c’est bon signe. Auparavant, deux mois déjà avant le mois de Ramadhan, les prix de la viande flambaient.

Qu’en est-il du commerce informel dans la wilaya ?

Il y a en effet de l’informel au niveau de la wilaya, mais il n’est pas de notre ressort. Cela dit, nous faisons de notre mieux, en collaboration avec les services de l’ordre, pour régler ce problème, notamment à Draâ Ben Khedda et Tadmaït. Au chef-lieu de wilaya, il y a le phénomène des petites camionnettes, les marchés qui s’installent sur les abords des routes. Mais le vrai problème, c’est la provenance de leurs marchandises. Ces intervenants informels interceptent les grossistes qui devraient alimenter les commerces et leur achètent la marchandise, ce qui crée des manques chez le détaillant et fatalement une hausse des prix. C’est tout un engrenage...

Peut-être un bilan de vos activités pour l’année en cours ?

Depuis janvier et jusqu’au mois d’avril, dans le cadre de la répression de la fraude, nous avons opéré 7 612 interventions, lors desquelles nous avons enregistré 127 infractions. 108 PV ont été établis et 40 commerces fermés. Les griefs retenus sont relatifs à l’hygiène en général. S’agissant des pratiques commerciales, donc contrôle des prix, on est intervenus dans 4 062 cas. On a enregistré 300 infractions, 299 PV et la fermeture de 41 commerces. Lors des élections, on est intervenus dans 699 centres et bureaux de vote.

Entretien réalisé par K. H.

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