Par DDK | 13 Février 2018 | 1038 lecture(s)

BOUIRA - Prochaine escale médicale de l’association franco-algérienne

L’AAPFA au secours de l’hôpital Mohamed Boudiaf

Une équipe de l’association amitié populaire franco-algérienne séjournera à Bouira à partir du 24 février prochain, dans le cadre de l’accomplissement d’une action humanitaire au profit de certains malades.

L’opportunité fera certainement aussi profiter de leur expérience le corps médical local exerçant dans la wilaya. Il s’agit d’un accord conclu avec la direction de wilaya de la Santé de Bouira et les membres de cette association amitié populaire franco-algérienne qui sera composée d’une délégation d’une trentaine de médecins spécialisés, dont des professeurs et des chirurgiens majoritairement des Algériens vivant en France. Des interventions chirurgicales seront pratiquées gracieusement à l’hôpital Mohamed Boudiaf de la ville de Bouira par une équipe médicale algéro-française composée de 33 médecins et chirurgiens, dont sept étrangers, pendant dix jours, du 24 février au 3 mars prochain. Organisée par la DSP de Bouira, cette initiative verra la participation d’infirmiers spécialisés, de sapeurs pompiers, de sages-femmes, cardiologue, gériatre, psychiatres, chirurgien vasculaire, angiologue, spécialiste en gastrologie… tous membres de l’association amitié populaire franco-algérienne (AAPFA). Avec près de 13 000 médecins algériens pratiquant dans des structures sanitaires de l’Hexagone, nos praticiens reviennent fréquemment en Algérie pour apporter leur savoir, surtout que le pays souffre d’un manque d’encadrement humain pour les médecins spécialistes en différents domaines : «L’objectif de cette mission est le transfert des technologies et de savoir pour leurs confrères et praticiens exerçant à Bouira. Cette équipe souhaite traiter de grands malades mais nous sommes limités par les moyens matériels car ils sont exigeants. Nous avons le personnel mais les plateaux techniques font parfois défaut et nous sommes limités», confie le docteur Malki, responsable du service prévention au niveau de la DSP de Bouira.

Des actes chirurgicaux dans cinq disciplines

«Les médecins de cette mission assureront cinq disciplines chirurgicales et neuf disciplines médicales, comme les urgences, la psychiatrie, la transfusion sanguine et autres informations destinées aux sages-femmes et c’est la wilaya qui s’est engagée à assurer la restauration l’hébergement», indiquera Dr. Malki à la DSP. Ce dernier révélera que c’est le docteur Sayah qui a longuement insisté pour que cette mission vienne à Bouira. À souligner que le coordinateur de cette mission lui-même est natif de Bouira, mais exerçant en France. «Il s’agit là d’une première à Bouira pour cette association amitié populaire algéro-française qui a déjà à leur actif près de 20 missions en Algérie et plusieurs autres ailleurs à l’étranger. Ce sont des praticiens mondialement reconnus et ils pratiqueront leurs actes au niveau de l’EPH de Bouira, selon les disciplines pour lesquelles nous avons les moyens techniques. Seront présents des médecins de Bouira et des autres EPH de la wilaya, des médecins spécialistes en chirurgie, orthopédiste, CCI qui viendront découvrir de nouvelles techniques pour soigner des malades de toute la wilaya», déclare le docteur Malki. Ainsi, la chirurgie de reconstruction mammaire à l’aide de la chirurgie plastique sera pratiquée au profit de femmes ayant subi une ablation du sein : «Nous allons acquérir ces prothèses mammaires pour être implantées sur ces femmes démunies. Nous aurons aussi la chirurgie cœlioscopie que nous aurons à développer. Je souligne que le scanner est en marche au niveau de l’EPH de Bouira, de même que la mammographie car nous serons amenés à faire des tests de biopsies mammaires», se félicite notre interlocuteur.

Plusieurs prothèses offertes

Dans le domaine de l’orthopédie, quelques malades, toujours parmi les plus démunis, bénéficieront de prothèses : «Nous ciblons les vrais nécessiteux car le produit prothétique coûte cher. Une prothèse de genou, ménisque ou de la hanche coûte 170 000 DA et à ce propos, nous tenons à remercier le docteur Sayah ainsi que le P/APW qui se sont personnellement impliqués dans les achats onéreux de ces prothèses», explique le docteur Malki qui annonce, par ailleurs, que la chirurgie pédiatrie (CCI) sera au rendez-vous de cette mission et concernera certains enfants nécessitant une chirurgie de l’hypospadias auprès d’enfants ayant des anomalies au niveau des voies urinaires. Au cours du troisième jour, une journée médico-chirurgicale sera organisée au niveau de la bibliothèque principale au chef-lieu de wilaya, et tous les médecins seront invités pour assister à des conférences et exposés sur des thèmes des plus importants qui seront assurés par les spécialistes de cette équipe pluridisciplinaire. «Nous sommes en train de finaliser la liste des malades qui seront traités par les spécialistes de cette association. Cette sélection auprès des malades répond à certain critère pour cibler des malades bien spécifiques, pour lesquels on pourra assurer les actes chirurgicaux. Il y a des pathologies un peu rares et nous ciblons justement ces malades», déclare le docteur Malki. Nous apprendrons que deux psychiatres ainsi qu’un sapeur pompier de cette mission interviendront au niveau de l’EHS psychiatrie de Sour El Ghozlane pour dispenser de nouvelles techniques de psychiatrie pour gérer et traiter le stress des malades. Techniques non encore adoptées en Algérie.

Une première à l’échelle de la wilaya

Pour le responsable à la DSP, cette initiative est une première à l’échelle de la wilaya et le fait d’être limité par l’absence de moyens techniques ne doit pas être un frein : «Ceci est un début malgré le fait d’être limités par les moyens techniques, mais dorénavant nous allons assurer la disponibilité du matériel pour certaines spécialités. C’est vrai que pour la neurochirurgie nous n’avons pas de plateaux techniques, pour aussi, de même pour l’ophtalmologie dont nous ne disposons pas du matériel nécessaire pour intervenir, mais notre objectif est d’y parvenir. D’ailleurs, nous projetons à court terme l’ouverture d’un pôle orthopédique d’excellence au niveau de la wilaya de Bouira et il sera probablement implanté à Lakhdaria, où exerce une équipe très motivée.» Les membres de l’Association amitié populaire algéro-française sont décrits comme très motivés par les services de la DSP qui précisent : «L’activité sera intense car cette équipe de volontaires et de bénévoles est très motivée. Ils ont des compétences avérées dans leurs domaines respectifs à l’échelle internationale et peuvent opérer de 8 heures du matin jusqu'au lendemain en maintenant le même rythme et ils se donnent à fond dans leurs métiers. Pour cela, nous apporterons toute l’aide nécessaire à leurs portées pour que l’activité se déroule dans de bonnes conditions. Nous sommes très optimistes pour que cette mission se déroule dans de bonnes conditions et atteignent son objectif très bénéfique pour le malade et pour nos praticiens qui suivront les actes médicalisés prodigués aux patients. Nous faisons chaque semaine des réunions pour préparer cette activité avec les concernés au niveau de la Direction de la santé en cernant tous les points pour assurer la disponibilité des consommables, les salles et comment organiser les interventions en réglant les problèmes qui pourraient éventuellement intervenir. Une chose est sûre pour nous, c’est une première à Bouira, c’est une nouveauté et nous nous améliorerons avec le temps d’autant plus que nous allons répéter cette expérience au moins une fois par an à Bouira, même si cela nécessite des moyens logistiques assez pointus et qu’il y a des disciplines qui reviennent chères avec le matériel à acquérir, comme c’est le cas pour les prothèses orthopédiques et c’est pour cela que nous sélectionnons les malades à traiter en urgence en les choisissant parmi les plus démunis. Un choix effectué par les médecins orthopédistes qui connaissent les patients qui sont les plus dans le besoin. Actuellement, ils sont en train de les préparer en vue de leurs interventions prochaines, avec les bilans préopératoires, les avis des anesthésistes afin que leurs dossiers soient complets le jour J.
Hafidh Bessaoudi

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