Par DDK | 19 Aout 2018 | 610 lecture(s)

Béjaïa

Les maquignons occasionnels profitent bien…

Se faire un peu d’argent ou comme on dit mettre un peu de beurre dans les épinards n’est jamais trop mauvais, surtout à l’approche de l’Aïd El-Adha, fête qui demande beaucoup d’argent au moment où le portefeuille des pères de famille est déjà siphonné par les fêtes de mariages des amis et des proches. De plus, juste après la fête, il faut prévoir la rentrée scolaire avec son lot de dépenses en habits pour les enfants et en dépenses de fournitures scolaires. Pour palier à toutes ces dépenses, beaucoup de pères de famille aux ressources limitées ont trouvé l’astuce de l’achat et de la vente de moutons. En effet, des fonctionnaires en vacances ou qui prennent des congés sans soldes, des travailleurs d’usines, des chômeurs et même des étudiants qui veulent bien préparer leur rentrée à l’université se découvrent des dons insoupçonnés de maquignons. Pour cela, il suffit de disposer d’un garage qui donne sur route, de préférence très fréquentée, ou à défaut d’un espace clôturé en bordure de la route pour y parquer les moutons qu’ils auront acheté à un bas prix dans les villes des Hauts Plateaux et d’attendre l’arrivée des clients. Les lieux sont bien sûr mis en évidence par des murets de bottes de foin et les bêlements des moutons. Généralement, ces maquignons d’occasions évitent les agneaux à bas prix, c’est à dire inférieurs à 25 000 DA et les grands moutons dont le prix dépasse les 50 000 DA. Ils savent d’expérience que ce sont les moutons à prix moyens que la majorité des gens recherchent et dont il y a le plus de bénéfices à réaliser. Dès le départ, ces maquignons tablent sur une marge bénéficiaire de 15 à 20 000 DA ou plus par tête. Mais après marchandage, ils se content d’un bénéfice de l’ordre de 10 à 15 000 DA par mouton vendu. D’autres maquignons amateurs qui n'aiment pas se déplacer ni aux Hauts Plateaux ni ailleurs et qui ne s’encombrent pas de garages ou d’enclos à moutons, savent quand même comment exploiter de manière juteuse la courte période qui précède la fête du sacrifice. Ils se rendent tôt le matin dans un des points de vente autorisés ou non et achètent deux, trois ou même quatre moutons d’un camion qui vient de franchir le portail d’entrée du point de vente, se choisissent un coin dans le souk et les revendent un à un en gagnant après marchandage un bénéfice de 3 à 5 000 DA sur chaque tête de mouton vendue.

B. Mouhoub

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