Par DDK | 20 Aout 2018 | 1004 lecture(s)

BOUMERDÈS - 1ère édition de la Fête de la figue à Chabet El Ameur

Récolte peu reluisante

«Nous n’avons pas connu une aussi faible récolte depuis plusieurs décades», dira Amirouche Fodil, agriculteur de Béni Ouartilane (Sétif), exposant à la fête de la figue organisée au village Ait Ali dans la commune de Chabet El Ameur au sud-est de Boumerdès. Malgré le peu de variétés de figues qu’il étale sur le stand, Amirouche est fier de sa région connue pour sa production de figues fraiches à l’échelle nationale. Notre interlocuteur avance plusieurs facteurs ayant contribué à la dégradation de la récolte. «En plus des pluies qui se sont abattues en mai dernier et qui ont touché les fleurs avant de mûrir, l’humidité du barrage hydrique de Tichy Haf a aussi lourdement contribué à la perte de fleurs», explique-t-il avant d’ajouter des facteurs humains notamment le manque d’entretien et de travail de la terre. Il cite entres autres des variétés de figues : Thaamriwt, Tablkat, Tahyount et autres, se sont autant de variétés cultivées dans plusieurs régions de Kabylie. Nait Ali Mourad, natif de Timezrit (Boumerdès) exposant et agriculteur, estime que la faible récolte revient aux facteurs à la fois climatiques et humains. «Les figueraies requièrent de l’accompagnement juste après leur plantation, notamment en eau. Certaines régions rurales de Boumerdès n’ont pas accès à cette ressource vitale. De ce fait, les habitants et particulièrement les jeunes générations ne plantent plus d’arbres», explique-t-il avant de préciser le faible accompagnement de l’Etat pour les fellahs. «Les services agricoles n’ont pas informé les agriculteurs de l’existence d’une aide octroyée par l’Etat dans le cadre de la décision 365 du FNDR», affirme-t-il. En sus de cela, notre interlocuteur a énuméré les objectifs de cette première édition de la fête de la figue. «Notre but est d’organiser la filière de la figue gagnée par l’anarchie. Nous nous attelons à nous organiser dans une association, et pourquoi pas créer une coopérative pour la figue, et faire renaitre de ses cendres celle qui existait aux Issers durant la période coloniale. A l’époque, ladite coopérative exportait la figue, notamment en France». Les adhérents de l’association Tharwa n’Ath Khelfoun ont fait de leur mieux, en dépit du manque de moyens, pour réussir la première édition de cet évènement agropastoral. L’un des membres rencontré au niveau de l’école primaire d’Ait Ali, où est organisée la fête, affirme n’avoir pas eu de subventions des autorités pour l’organisation d’un tel évènement. «Nous avons dépensé plus de 300 000 DA dans l’organisation de cette fête de la figue, nous avons assuré la restauration aux invités venus des quatre coins du pays, et nous remercions tous les invités d’Alger, de Tizi-Ouzou, de Boumerdès et du Maroc qui nous ont honorés de leur présence», a-t-il affirmé avant d’exprimer son espoir de rééditer l’événement à l’avenir. Des participants ont plaidé pour la création d’une usine de transformation de la figue fraiche, notamment en confiture.

Youcef Z.

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