Par DDK | 23 Aout 2018 | 1217 lecture(s)

Le point du jeudi

La cruelle image de la mort habite chez-nous !

Par Sadek Aït Hamouda
L’insécurité est-elle une fatalité, inscrite dans notre carma, que nous devons supporter envers et contre tout ? Se balader en ville revient à prendre le risque de se faire trucider par n’importe qui, à n’importe quel moment et n’importe où, même dans un grand boulevard, grouillant de monde, à la veille de l’Aïd el Kebir, la fête du sacrifice, la fête du mouton, mourir égorgé comme un mouton ? Sortir, rencontrer ses amis, voir du monde est devenu plein de risques. Comment en sommes-nous arrivés là ? Nous pourrons arguer d’un passé qui est toujours-là, qui nous hante au quotidien, qui peuple nos nuits et nos jours et qui nous fait peur. Peur de se retrouver sans tête, pour des broutilles, pour rien. Mourir ainsi, c’est mourir bêtement, sous le regard des fêtards, des badauds, qui ne comprennent rien à la vie ou la mort. Des enfants qui passaient, accompagnés de leurs parents, et qui assistent, grandeur nature, au crime le plus abject, le plus terrifiant, le plus abominable. Ils sont, désormais, nombreux ces comportements assassins, ces tueries futiles, incompréhensibles, injustifiées et injustifiables. Où allons-nous, veut-on faire de la vie sur terre une géhenne, un enfer. Vivons-nous dans «la divine comédie» de Dante Alighieri, mais là c’est un roman, avec sa beauté, sa cruauté, ses drames, où il y a tous les paliers de l’enfer et du paradis, cependant dans le cas qui nous préoccupe, il s’agit de la réalité crue, de la vérité la plus insupportable, la plus insaisissable. Que l’on se laisse aller à des supputations hors humaines, rien ne permet, ni ne justifie, ni n’explique cet état de fait. Le purgatoire est devenu notre quotidien, notre lot de désespérance, notre part d’imprévus létaux et ceci expliquant cela, notre quota prédestiné de malheur que nous comptions parmi les élus de Dieu ou les maudits. A chacun son contingent de calamités, non selon son mérite, mais suivant son itinéraire, là où le mènent ses pas hésitants et incertains vers l’imparable tentation, s’il en existe, de la fin, de la mort et de l’inconnu.

S. A. H.

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