Par DDK | 1 Septembre 2018 | 1292 lecture(s)

Rachid Louhi, directeur de la formation professionnelle de Tizi-Ouzou

«La carte de formation prochainement actualisée»

Le secteur de la formation professionnelle se prépare pour la rentrée de la session de septembre, avec une nouvelle offre au profit des jeunes. Le directeur de wilaya, Rachid Louhi, aborde les conditions de préparation de cette rentrée, le déroulement des inscriptions, les nouvelles spécialités et structures prévues et d’autres questions relatives à cette prochaine session.

La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous présenter l’offre de formation pour cette rentrée de septembre 2018 pour commencer ?
M. Rachid Louhi : Pour cette rentrée de septembre 2018, nous présentons une offre de 13.645 postes de formation diplômante et qualifiante. Elle est scindée comme suit 3.770 postes en formation résidentielle, 5.654 par apprentissage, 640 postes de formation dans les établissements privés, 3.394 postes en qualifiante dont les femmes au foyer (668), en milieu rural (75) et les catégories particulières (595). L’offre a été élaborée à base d’un plan de formation présenté par les établissements de la wilaya en se référant aux orientations de la direction locale de la formation et de l’enseignement professionnels appuyé par les besoins suscités auprès des chambres consulaires, des unions professionnelles, des dispositifs de promotion de l’emploi et des services déconcentrés de l’État, avant sa validation par notre tutelle. L’offre a été adaptée à la nomenclature des branches professionnelles et des spécialités de la formation professionnelle édition 2018, récemment mise en application. La nouvelle nomenclature nous a permis d’enrichir davantage notre offre de formation d’autant que ce document de référence, en matière de spécialités et branches dispensées au niveau du secteur, renferme 478 spécialités avec l’introduction de 51 spécialités nouvelles et 3 spécialités réintroduites. La nouvelle compte 23 branches professionnelles au lieu de 22, à savoir la nouvelle branche «Art-Culture et Patrimoine» en plus de la restructuration de quatre branches professionnelles de l’édition 2012. Cette restructuration a touché la branche professionnelle «Chimie industrielle et de transformation», remplacée par la branche professionnelle «Chimie industrielle et plasturgie» avec l’introduction de spécialités liées au domaine de la plasturgie, la branche professionnelle «Hôtellerie-Tourisme», réintitulée «Hôtellerie-Restauration-Tourisme», la branche professionnelle «Informatique-Numérique-Télécoms» regroupant les spécialités de la branche informatique et les spécialités des télécommunications qui figuraient dans la branche «Électricité-Électronique-Énergétique» et la branche professionnelle «Habillement Textiles», réintitulée «Textiles - Habillement - Confection».

Quelles sont les nouvelles spécialités prévues ?
Pour cette rentrée, nous avons prévu l’ouverture de 9 nouvelles spécialités. Il s’agit du Tourisme option production et commercialisation en formation résidentielle pour l’obtention d’un Brevet de Technicien Supérieur (BTS). Et de la maçonnerie du patrimoine pour l’obtention d’un Certificat de Maitrise Professionnelle (CMP), la maintenance des équipements informatiques pour un Brevet de Technicien (BT), l’hôtellerie option services hôteliers pour un Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP), l’Hôtellerie-Restauration option : Production culinaire pour un Brevet de Technicien (BT), l’Hôtellerie-Restauration option : service de table pour un Brevet de Technicien (BT), l’installation réseaux Télécoms pour un Brevet de Technicien (BT), la mécanique réparation cycles et motocycles pour un Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) et en tailleur hommes pour un Brevet de Technicien (BT).

Peut-être un point de situation sur les inscriptions déjà lancées ?
Les inscriptions entamées depuis le 15 juillet dernier se poursuivent toujours et ce, jusqu’au 15 septembre prochain. Et comme il est de tradition, les demandeurs seront plus nombreux à l’approche de la rentrée comparativement à la période des vacances d’été durant laquelle nous enregistrons certes des inscrits mais beaucoup plus des préinscriptions. Je peux vous affirmer que depuis quelques jours, nos établissements commencent à enregistrer un fort engouement de demandeurs de formation. Rien que pour la formation résidentielle, plus de 500 inscrits ont été recensés jusqu’en fin de la semaine écoulée. Tandis que pour l’apprentissage, plus de 600 jeunes se sont inscrits jusqu’à la période précitée. Il faut savoir que nombreux sont les jeunes qui attendent les derniers jours pour venir s’inscrire pour une formation, notamment en ce qui concerne ceux désirant le mode par apprentissage dont le délai de fin des inscriptions est prolongé d’un mois après la rentrée officielle des apprenants fixée pour le 23 septembre prochain. Nos conseillers vont encore intensifier leurs campagnes d’information justement durant ces jours qui restent encore pour la rentrée, afin de vulgariser toute l’offre de la formation par ses différents modes. Et l’accent sera mis, à ce propos, sur l’apprentissage qui est le mode préconisé par notre tutelle pour plusieurs raisons, notamment de par les nombreuses opportunités d’insertion. A ce propos, je tiens à rappeler que la nouvelle loi promulguée récemment, qui précise les règles applicables pour le mode d’apprentissage, s’adressant à des candidats âgés de 15 à 35 ans maximum, va contribuer à son développement. En effet, les modifications apportées à l’ancienne loi ont permis d’intégrer les sociétés étrangères basées en Algérie. A la faveur de cette nouvelle loi, les apprentis auront désormais droits à une rémunération et à une couverture sociale, ainsi qu’aux allocations familiales, à un congé de maternité et au contrôle médical. Lors de leur période de formation, les apprentis auront également la possibilité de déposer des brevets. L’autre avantage de cette nouvelle loi, c’est le recrutement direct à la fin de la formation s’ils le veulent, par le même employeur. Alors que dans le cadre du contrôle et du suivi des conditions du déroulement de la formation des apprentis, la loi prévoit la création d’un corps d’inspecteurs spécialisés qui aura pour objectif de mettre en place un système de suivi et d’évaluation technique et pédagogique. Une base de données des employeurs et des maîtres d’apprentissage sera développée parallèlement par les chambres de commerce et d’industrie des wilayas ainsi qu’au niveau national.

De nouvelles structures à mettre en service à l’occasion de cette rentrée ?
Effectivement, de nouvelles structures seront partiellement mises en service. Il s’agit d’un Institut de l’enseignement professionnel à Oued Fali dans la commune de Tizi-Ouzou, d’un institut national spécialisé dans la formation professionnelle à Azeffoun, d’une demi-pension de 100 places et un internat de 60 lits au CFPA Tizi Ghenif et d’une demi-pension de 100 places au CFPA de Beni Yenni. Cela va permettre de renforcer le réseau d’établissements dans notre wilaya, d’améliorer les conditions de formation et d’offrir plus d’opportunité de formation à nos jeunes. Néanmoins, nous restons disponibles à ouvrir des sections détachées en collaboration avec les communes et le mouvement associatif, pour rapprocher le lieu de la formation aux populations selon la demande exprimée. Il y a lieu de signaler que plusieurs sections détachées ont été déjà ouvertes récemment. C’est le cas à Boudjima et Ait Aissa Minoune. Notre but est d’offrir la chance à tous les habitants désirant suivre une formation professionnelle.

Ces derniers temps, vos établissements n’enregistrent pas un flux important d’élèves issus de l’Éducation nationale. Pourquoi ? Et que faire face à cette situation ?
A Tizi-Ouzou, le taux de déperdition scolaire reste faible, car elle connait des taux de réussite élevé dans les différents examens scolaires, notamment au BEM et au BAC. Notre offre couvre largement la demande en formation. Mais les effectifs des stagiaires ciblés pour suivre des formations diplômantes connaissent une baisse sensible. Cela nous a incités à repenser la carte de formation et réorienter nos efforts vers d’autres modes de formation, notamment les formations qualifiantes. La réflexion a été engagée au niveau de notre secteur pour l’actualisation de la carte de formation, en concertation avec nos partenaires dans le cadre de la commission de partenariat que préside Monsieur le wali. Dans un avenir très proche, nous allons présenter nos propositions pour cette commission. Ce qui est préconisé dans notre wilaya, de par ses spécificités, c’est d’offrir plus d’opportunités en formations qualifiantes dans les domaines de l’artisanat traditionnel, l’agriculture, le bâtiment, les travaux publics, l’hôtellerie, le tourisme, de l’industrie et les spécialités relevant de l’économie du savoir, notamment le numérique. L’autre segment que nous comptons développer est la formation continue dont la wilaya recèle un important potentiel. Plusieurs actions ont été déjà réalisées ces dernières années dans le cadre de la mise en œuvre des conventions avec nos partenaires dont la plus récente est la formation du personnel des cantines scolaires de notre wilaya. Actuellement, nos établissements accueillent plus de 2000 employés des cantines scolaires de différentes catégories professionnelles, en application de la convention cadre signée entre notre tutelle et le ministère de l’Intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire. Le développement de ce mode de formation fait partie de nos priorités dans le cadre du partenariat.

La finalité de la formation des jeunes est l’insertion professionnelle. Les chiffres enregistrés sont-ils réjouissants ?
La stratégie du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels est de former utilement pour le marché de l’emploi. Vous savez que la carte de formation est établie à base des besoins du marché du travail à l’échelle locale et nationale. Nous recevons des orientations et des instructions afin de veiller au respect de cette règle pour que nos entreprises puissent trouver une main d’œuvre qualifiée à recruter. Même nos jeunes ont pris conscience ces derniers temps de cet enjeu. Aujourd’hui, nous recevons des diplômés sortants des universités pour suivre des stages de formation dans les spécialités offrant plus d’opportunités d’insertion professionnelle. Nous ne disposons pas de statistiques précises sur cette question, car plusieurs services sont impliqués dans ce processus, mais nous estimons qu’aujourd’hui, le taux d’insertion de nos diplômés est considérable voire même au-dessus de nos objectifs pour les plus de 6000 diplômés qui sortent annuellement de nos établissements. Même si l’insertion est du ressort d’autres services, nous ne ménagerons aucun effort pour accompagner nos stagiaires une fois diplômés, en multipliant les conventions du genre formation-insertion grâce au partenariat avec des dispositifs de l’emploi avec lesquels nous travaillons étroitement.

C’est votre conclusion ?
J’ajouterai juste qu’à quelques jours de la rentrée professionnelle, j’adresse mes souhaits de bonne reprise à l’ensemble du personnel de notre secteur tout en les exhortant à redoubler d’efforts en vue de fournir une main d’œuvre qualifiée au profit des acteurs du marché du travail. A nos partenaires, nous renouvelons notre disponibilité à travailler ensemble pour la noble mission qui nous unit. Aux jeunes qui hésitent à opter pour la formation professionnelle, nous les appelons à saisir les opportunités que nous leur offrons pour s’ouvrir des horizons pour une insertion professionnelle.
Entretien réalisé par Hamid M.

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