Par DDK | 5 Septembre 2018 | 896 lecture(s)

MAÂTKAS - Journée d’information de la DSA sur les perspectives de la filière oléicole

Les paysans exposent les entraves

La direction des services agricoles de la wilaya de Tizi-Ouzou a organisé, hier, une journée d’information sur les perspectives de la filière oléicole au niveau de la daïra de Maâtkas.

L’événement a été organisé en présence du DSA, Makhlouf Laib, du responsable élu de la filière oléicole au niveau national, de nombreux cadres de la DSA et une assistance assez nombreuses. Les orientations de la DSA ont été bien écoutées par les paysans qui, lors du débat, ont soulevé moult entraves qui empêchent la filière de se développer et qui freinent la labellisation de l’huile de Maâtkas. Un des paysans intervenant sur justement les problèmes que rencontrent les fellahs et les oléifacteurs, relèvera : «Notre premier souci est celui de la commercialisation. Il faut savoir qu’il y a des propriétaires d’huilerie et des paysans qui ont constitué des stocks importants et qu’ils n’arrivent pas à écouler. Du temps de la colonisation, les producteurs trouvaient acheteurs. Tamzali achetait toute la production, il suffisait de la lui faire parvenir. À présent, notre huile est stockée au niveau des foyers et des huileries, et s’acidifie de jour en jour. Il faut assurer sa commercialisation pour nous encourager à travailler et à préserver cette filière». Un autre intervenant a indiqué au sujet de la préservation de l’environnement : «Les margines et le grignon sont, certes, des sources de pollution pour la nature, mais relève-t-il du ressort du fellah d’installer des chaines de transformation ou de réaliser des bassins de décantation ? C’est à l’État de prévoir des mécanismes pour ramasser les margines et le grignon et en faire des engrais qu’il faut vendre à moindre coût. Les fellahs et les transformateurs n’ont pas les moyens de traiter ses sous-produits polluants». D’autres paysans et oléifacteurs ont soulevé des problèmes relatifs à l’ouverture de pistes agricoles et à leur entretien, le matériel de collecte, des formations destinées à enrichir les connaissances des paysans et aussi le problème d’assurance contre, notamment, les incendies ravageurs, les maladies des oliviers et les accidents qui surviennent lors de la collecte des olives. En somme, le tableau dressé par les paysans n’est pas reluisant, ce qui, à leur sens, empêchent le développement de la filière et l’amélioration de la qualité et de la quantité de la production.

4,4 millions d’oliviers produisent 13 millions de litres

Intervenant au tout début, le directeur des services agricole de la wilaya de Tizi-Ouzou soulignera tout de go l’insuffisance de la production locale et nationale car, dira-t-il, «à Tizi-Ouzou, les entraves font que la production est insuffisante. Pour 4,4 millions d’oliviers, on en registre 13 millions de litres d’huile produite, soit en moyenne 4 litres par olivier, ce qui est insuffisant». Dans son intervention, le directeur donnera plusieurs chiffres concernant la production du blé et du lait et fait une comparaison avec le passé : «Durant les années 1990, nous produisions 8 à 10 quintaux de blé à l’hectare. À présent, on est passé à 21 quintaux. En lait et durant les années 2000, nos vaches produisaient en moyenne 12 litres par jour, à présent on est passé à 18 litres par jour et par tête, et parfois on enregistre des pics allant jusqu’à 48 litres. Ces progrès sont le fruit de la formation et de l’utilisation de nouvelles techniques. Nous souhaitons mettre les mêmes mécanismes dans la filière oléicole pour non seulement augmenter la quantité de l’huile produite mais aussi pour améliorer la qualité et aller ensuite vers la labellisation de l’huile de Maâtkas», a-t-il souligné. L’intervenant rappellera que la manière traditionnelle de collecte et de transformation doit être mise de côté et surtout focaliser sur l’entretien des oliveraies et leur consacrer plus de temps : «Parfois, les oliveraies ne sont visitées que lors de la récolte, ce n’est pas normal. Les producteurs de raisin et d’orange consacrent beaucoup de temps à longueur de l’année à leur orangeraie et à leur vignoble contrairement aux oléiculteurs. Il faut, donc, entretenir davantage les oliveraies, introduire de nouvelles techniques et appliquer les orientations de la DSA dispensées lors des journées de formation destinées aux oléiculteurs», conclura le DSA. Le responsable national de la filière oléicole et ceux de la DSA se sont ensuite attelés à expliquer et à sensibiliser les paysans présents sur le matériel de collecte, la transformation, le traitement des oliveraies et leur gestion, le greffage et la taille. À rappeler que la commune de Maâtkas dispose de 3 000 hectares d’oliveraie et produit annuellement 1 million de litres d’huile. Quand à la subdivision agricole incluant Maâtkas et Souk El-Tenine, la surface totale est de 5 600 hectares pour une production de 1,9 million de litres, ce qui place Maâtkas à la première place au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, selon le subdivisionnaire M. Hocine Meziani.

Hocine T.

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