Par DDK | 11 Octobre 2018 | 1642 lecture(s)

BOUIRA - Bien que l’apparition de la mouche soit dédramatisée

Le label bio de l’huile d’olive menacé

à l’approche de la campagne oléicole, et alors que de nombreux oléiculteurs se préparent pour cette occasion, les olives s’amoncellent sous les arbres en raison de la mouche de l’olive.

L’insecte ravageur des plants d’oliviers a sévi cette année d’une manière assez particulière à travers les 37.000 hectares d’oliviers recensés sur le territoire de la wilaya de Bouira. Sur cette superficie, et selon les dernières statistiques de la direction des services agricoles de la wilaya, 27.000 hectares sont déjà en production. La mouche de l’olive, même si elle a effectué des dégâts considérables à travers le parc oléicole, n’affecterait pas outre mesure le rendement ni la qualité de l’huile de cette saison. «Nous savons par expérience que la mouche de l’olive qui sévit occasionnellement selon les années, n’altère en rien la qualité ni le rendement de l’huile», estime un oléiculteur d’Ahnif. Cette mouche blanche, connue sous l’appellation du parasite Dacus envahie les vergers oléicoles alors qu’ils sont en fleurs. Une fois à l’intérieur du grain, elle se nourrit de la pulpe et l’olive tombe avant maturité et cela n’influerait en rien sur la qualité de l’huile, insiste-t-on auprès des professionnels. Toutefois, le désavantage premier se répercute sur les propriétaires d’oliveraies qui devront courber l’échine pour récolter, grain après grain leurs récoltes. Déjà, à travers de nombreuses localités, on peut voir les arbres dénudés et les olives qui tapissent entièrement le sol. C’est là une occasion que les chapardeurs ont mis à profit en ramassant prématurément les grains tombés au sol. Ces personnes peuvent nuire sérieusement à la filière oléicole, car lorsqu’ils ramassent précipitamment les olives, ils les entassent dans des sacs usagés ayant contenus des engrais chimiques. S’il a été prouvé que la mouche de l’olive n’est pas nocive, les pratiques de certains chapardeurs le sont. Un risque qui amène des retombées néfastes une fois de plus sur l’organisme en l’absence de sensibilisation auprès des consommateurs.

«Le Dacus affecterait le label bio de l’huile d’olive»

L’huile d’olive «bio» de cette saison par contre, risque, elle, d’être compromise en perdant son label durement acquis. C’est ce qu’explique M Akli Moussouni, ingénieur agronome et expert en développement, qui affirme que si l’huile produite par les olives infectées par le parasite du Dacus n’est pas dangereuse pour la santé, les caractéristiques bio de l’huile risquent de disparaitre : «Les oléiculteurs qui se targuent de produire une huile d’olive bio par le fait de ne pas avoir administré des engrais chimiques à leurs oliveraies, doivent savoir que l’élément K232 ne permet pas de corps étrangers, comme la chenille du Dacus. De ce fait, la protection phytosanitaire de l’oliveraie doit privilégier des moyens de lutte respectueux de l’environnement et de la faune auxiliaire utile qui contrôle naturellement certains ravageurs, en l’occurrence les hyménoptères parasitoïdes, les chrysotopes, les araignées, les punaises et les coccinelles. Ainsi donc, pour sauvegarder la qualité de l’huile et de l’olive de l’oliveraie, il ne faut procéder par des traitements chimiques avec des pesticides, fongicides et insecticides, qu’en cas de force majeure, c'est-à-dire, que lorsque le niveau de nuisance est économiquement insupportable. Il faut donc favoriser la lutte préventive par l’observation et l’usage d’accessoires de lutte biologique pour produire des olives de qualité, qui puissent permettre à leurs tour de produire une huile de qualité», préconise l’expert. L’olivier, malgré son caractère rustique, est souvent en proie à certains nuisibles, qui, s’ils n’affectent pas particulièrement la qualité de l’huile, peuvent provoquer des baisses sensibles du rendement. Pour la mouche de l’olive, le traitement doit être réalisé à partir du mois de juin, avant qu’elle ne ponde dans la fleur de l’olivier. La technique de piégeage est relativement simple, et les services de la DSA de Bouira ainsi que la Chambre d’Agriculture organisent fréquemment des journées de sensibilisation sur le sujet. Les experts invités font tous état de la nécessité de procéder à la pose de pièges en accrochant sur les branches des oliviers de petits récipients contenant de l’eau. Ces pièges alimentaires peuvent couvrir une superficie de 2000 m2. Il existe également des pièges à phéromones attirant les insectes mâles ce qui empêche la reproduction et anéanti le parasite Dacus. Il existe également d’autres nuisibles tels la pyrale du jasmin, appelée aussi Pyrale de l’olivier, qui sont des larves de ce papillon, en forme des chenilles vertes causant des dégâts en se nourrissant des jeunes pousses et des bourgeons terminaux de l’olivier. De même pour la teigne de l’olivier, une chenille qui, à différents stades de son développement, s’alimente des boutons floraux, pour ensuite s’attaquer à l’amandon de l’intérieur du noyau. Ainsi, aussi bien les services de la Direction Agricole de la wilaya de Bouira, de même que la Chambre d’Agriculture, affirment ne ménager aucun effort pour mettre en exergue le procédé technique que doit suivre scrupuleusement le producteur avec le travail du sol, l’irrigation, la taille des arbres et le choix de la date de la récolte afin d’obtenir une huile d’olive de qualité.
Hafidh Bessaoudi

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