Par Saïd Al Haroufella | 22 Février 2011 | 1096 lecture(s)

Tizi Ouzou : Sit-in des greffiers devant la cour

Les greffiers de la cour de Tizi-ouzou ont tenu lundi, un rassemblement de protestation alors que s'ouvrait dans la matinée,la session criminelle.

Ils ont vite été rejoints, en milieu de matinée devant l'entrée du bâtiment de la cour de justice, par leurs collègues du tribunal de Tizi-ouzou, situé au centre- ville.
Leur action s'inscrit dans le cadre de la poursuite d'une grève nationale des greffiers visant à obtenir de meilleures considérations professionnelles et conditions sociales par une rétribution financière en conformité avec la mission qu'ils assurent, ont-ils expliqué.
Interrogés par la Dépêche de Kabylie, les greffiers et greffières étaient nombreux à vider leurs coeurs sur leur situation socioprofessionnelle qu'ils disent devenue “intenable’’. Sur le plan salarial, un greffier divisionnaire principal affirme ne toucher au bout de 20 ans de service que seulement 28.000 DA. Un greffier qui débute touche 17.500 dinars, a-t-il précisé. Il ressort de la discussion sur le plan salarial avec les concernés qu'il n'arrivent plus à supporter le très grand écart qui les sépare des magistrats et autres responsables du secteur. Pourtant ils et elles ont bien des licences et le CAPA au même titre que les autres personnels du secteur.
Ils parlent aussi de ''hogra (mépris)'' qu'ils disent ressentir dans leurs relations professionnelles. Ils disent être parfois brimés, voire humiliés par des attitudes venant de toutes parts, intra et extra muros. Ils se sentent maltraités par tous. ''Nous sommes fatigués'', a résumé une greffière qui insiste sur la revendication du respect sur le plan des relations de travail avec les magistrats et les autres auxiliaires de justice. ''Nous sommes obligés d'exécuter des tâches comme la saisie de documents qui ne relèvent pas de nos prérogatives et ce sont ceux qui sont payés pour,qui empochent les primes de ce travail'', dira une autre greffière. Tous ceux qui s'étaient exprimés ont critiqué le bureau national de leur syndicat qu'ils disent loin de leurs préoccupations. Ils affirment que le service minimum est garanti pour tout acte judiciaire lié par un délai, conformément au communiqué accompagnant la plate forme de revendications dont la Dépêche de Kabylie a obtenu une copie.

La plate-forme de revendication

Un appel accompagnant le texte en trois pages, non signé et rédigé en langue nationale (arabe), insiste pour que le service minimum soit observé pour toutes les activités liées par des délais, comme les appels, pour ne pas léser le citoyen. La plate-forme de revendication demande l'intégration des greffiers et autres fonctionnaires de la justice dans le cadre de la loi 03/06 de la Fonction publique appliquée aux personnels hors catégorie comme les magistrats, les personnels militaires, les civils assimilés et les fonctionnaires du parlement. Ils demandent également une valorisation salariale de 7 à 9 fois le salaire minimum garanti, la cessation des poursuites disciplinaires de leurs collègues suspendus après avoir protesté contre leurs conditions de travail et leur réintégration immédiate, la révision de la réglementation liée à la discipline du travail ainsi que les procédures de promotion.

Saïd Al Haroufella

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