Le journal des Hommes libres
Le point du Mardi 09 Fevrier 2010        (édition n° 2345
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Pour la fin d’une hérésie

Par : Rachid  Ikhenoussene

 

Les premières lézardes dans l’unanimisme de rigueur qui caractérise le système politique algérien quant à l’ouverture de l’audiovisuel au privé commencent à apparaître. Et paradoxalement, c’est par le biais du DG de l’ENTV qu’elles se sont exprimées. En effet, intervenant au cours du colloque sur le journalisme dans le monde arabo-musulman, organisé par la fondation Friedrich Ebert à Alger, M. Hamraoui Habib Chawki a affirmé être de "ceux qui appellent  à l’ouverture du champ audiovisuel au privé". Cette position, somme toute inédite, vient prendre à revers celle du ministre chargé du secteur, M.Hachemi Djiar, qui a, à maintes occasions, soutenu exactement l’inverse.

Cette sortie du DG de l’ENTV exprime-t-elle une position de principe ou alors est-elle dictée par de nouvelles donnes ? Est-elle une option personnelle ou est-elle partagée par d’autres cercles dans le sérail? S’il parait ardu de répondre avec certitude à ces interrogations, il existe, cependant, des pistes à même de permettre une lecture sérieuse de la question. La plus importante étant, peut-être, l’aspiration de notre pays à adhérer à l’OMC. Ayant, pour ce faire, engagé un long et fastidieux processus de négociations avec cette organisation, l’Algérie ne peut, éternellement, éluder le problème. Etant considéré comme un secteur économique ordinaire, dans la logique libérale, l’audiovisuel n’échappe point aux mécanismes de la concurrence. De ce fait, la vision algérienne tendant à le présenter sous le sceau de la souveraineté, voire de la sécurité nationale, relève de la préhistoire. Ainsi, pour expliquer leur raideur, à ce sujet, les pouvoirs publics prétendent se méfier de médias orientés servant d’autres intérêts que ceux de l’Algérie. Devant le taux de pénétration considérable de la télévision par satellite, charriant un nombre astronomique de chaînes n’ayant pas pour préoccupation majeure le bien de l’Algérie, cette position est saugrenue et, c’est là un doux euphémisme.   

L’autre argument que le pouvoir veut massue, mais qui est tout aussi inconsistant, est celui de "l’échec" de l’expérience de la presse écrite privée. Se basant sur la dérive de certains organes qui se sont activement investis dans la campagne électorale des présidentielles de 2004, l’on a extrapolé et jeté le bébé avec l’eau du bain. Et bien sûr, mot n’a été soufflé sur le comportement scandaleux de la presse étatique qui a remisé son statut de service public au placard et pris fait et cause pour le " candidat officiel ".

Aujourd’hui, devant l’inexorabilité de la prééminence des technologies de l’information dans le développement humain et le retard abyssal accusé par notre pays, la position courageuse adoptée par Hamraoui Habib Chawki, et qu’il faut saluer, indique le chemin à emprunter. L’Etat ne peut-tant pour des raisons économiques, politiques, qu’éthiques-régir,

 seul, le secteur de l’audiovisuel. Il s’agit de mettre fin à une hérésie.

 

R.  Ik.

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