Le ministre de l’Intérieur français a fait le déplacement à Tibhirine dans la wilaya de Médéa, où il s’est recueilli sur les tombes des sept moines trappistes, assassinés par le GIA de Zitouni en 1996.
"C'est un lieu qui est dédié à la méditation, mais également il y avait beaucoup d'amour de la part de ces moines, beaucoup d'amour à l'endroit de l'Algérie, à l'endroit des Musulmans, à l'endroit de l'Islam", a déclaré Sarkozy dans le monastère.
Les deux événements majeurs qui ont marqué la visite de Sarkozy en Algérie sont pour le premier le pèlerinage effectué par Sarkozy à Tibhirine dans la wilaya de Médéa, et enfin Bouteflika qui a, et pour la première fois depuis son retour du Val de Grâce, évoqué sa maladie. En effet, c’est au palais d’El Mouradia que Nicolas Sarkozy a clôturé sa visite à Alger, où il a eu un entretien avec Bouteflika, en présence du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Yazid Zerhouni.
Le ministre de l’Intérieur français a fait le déplacement à Tibhirine dans la wilaya de Médéa, où il s’est recueilli sur les tombes des sept moines trappistes, assassinés par le GIA de Zitouni en 1996. "C'est un lieu qui est dédié à la méditation, mais également il y avait beaucoup d'amour de la part de ces moines, beaucoup d'amour à l'endroit de l'Algérie, à l'endroit des Musulmans, à l'endroit de l'Islam", a déclaré Sarkozy dans le monastère. "J'espère qu'il pourra rester un lieu dédié à la prière, à la rencontre, à la concorde et à la paix, au-delà de la barbarie", a-t-il ajouté. Avant de juger "très important qu'on puisse continuer à avoir une présence chrétienne" en Algérie, "pas du tout pour le prosélytisme, mais simplement parce qu'au fond, c'est le même Dieu dont il s'agit - un Dieu qui se veut de paix".
Le pèlerinage de Sarkozy à Tibhirines, vient après la visite de recueillement qu’il a fait la veille en compagnie du ministre délégué aux Collectivités locales, Dahou Ould Kablia, au cimetière chrétien, et son entretien avec le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem. Tout en annonçant la suppression de de la concertation préalable aves les pays de l’UE pour l’obtention d’un visa Shengen pour les Algériens, une décision tout à fait prévisible, et par là même l’annonce du transfert progressif des bureaux des visas, actuellement à Nantes, vers Alger dès 2007, ainsi que l’ouverture d’un nouveau consulat général à Oran fin 2007. Sarkozy devant les journalistes français qui l’accompagnaient dans cette visite, lors de sa rencontre avec les Français d’Algérie à la Résidence de France, a tenu a réitérer sa position sur le préalable du pardon, pour la signature du traité de l’amitié. "J'ai dit au Premier ministre Abdelaziz Belkhadem qu'on ne peut pas demander aux fils de s'excuser des fautes de leurs pères", a-t-il soutenu lors de cette rencontre. "C'est même ce qui justifie ce voyage", a-t-il estimé, voyage "qui a été préparé en total accord avec le président de la République", a-t-il encore réitéré. Sarkozy a insisté sur le but de son voyage en déclarant "C'est lui qui m'a demandé de venir, le Président désire qu'on apaise les tensions entre les deux pays, cette première journée a permis de le faire". Sarkozy qui dit ne pas venir pour la signature du traité d’amitié est rejoint dans cela par Yazid Zarhouni. Ce dernier affirme que le contexte n’est pas favorable à une telle issue. "Si vous voulez mon avis personnel, compte tenu d'un certain nombre de contingences qui traînent, de réalités, le moment n'(y) est pas favorable", a-t-il indiqué, en ajoutant "il y a encore des efforts à faire pour créer un consensus, il vaut mieux encore construire l'amitié".
Sarkozy a clôturé donc, sa visite de travail de deux jours à Alger, avec une profusion de déclarations, après avoir déposé une gerbe de fleurs au monument des Martyrs de la guerre de Libération nationale Tibhirine et au cimetière Chrétien. C’est dire tout le poids de la mémoire dans les relations entre les deux pays. Si la presse de l’Hexagone croit savoir que la visite du ministre de l’Intérieur trouve son intérêt dans le dossier de la lutte contre le terrorisme, dont la collaboration entre les deux pays est jugée assez satisfaisante par Sarkozy, il n’en demeure pas moins, que l’ombre du traité d’amitié et les déclarations de Belkhadem à la veille de cette visite, ont lourdement pesés sur la visite algéroise du ministre de l’Intérieur français.
Hadj Bouziane