Par L.Beddar. | 11 Février 2013 | 3642 lecture(s)

A Trouna sous la brume hivernale

Sur le pic de la montagne, un vieux chalet centenaire s’accroche sur un éperon rocheux. C’est la cabane de Sidi Ali Ouachtoug, un saint vénéré et adulé par la population locale. 

Beni Maouche  Une destination privilégiée des amoureux de la neige

Un épais manteau blanc couvre tout Béni Maouche et les régions voisines. La neige tombée en abondance ces trois derniers jours a atteint une épaisseur de plus de 30 centimètres dans la ville de Trouna, chef-lieu de la commune, une région féerique qui fait rêver les amoureux de la beauté éternelle et du tourisme de montagne. Elle nous offre, avec générosité,  ses collines et ses sources d’eau, sa petite ville et ses villages connus ou méconnus, ses petites forêts bienfaitrices et ses régiments d’oliviers parsemés de figuiers. Fascinante et harmonieuse, Trouna n’est pas seulement une petite ville musée, dans une commune au passé glorieux qui a donné 1014 martyrs, mais aussi une ville du présent où le tourisme de montagne se développe. C’est une région qui ravit et fait rêver, surtout après s’être drapée de son blanc manteau. Pour se rendre à Beni Maouche à partir de Seddouk, la RN 74 est celle que les usagers empruntent le plus. Cet axe routier a été coupé à la circulation jeudi dernier, avant d’être rouvert dès le lendemain.  Tout au long du trajet, les yeux restent subjugués par la beauté des paysages que la nature a généreusement offerts à cette région. Un environnement sauvage des plus riches, un réel paradis pour les amateurs de l’escapade et de l’escalade, car la route est en montée jusqu’au sommet de la montagne d’Achtoug, couverte d’une couche impressionnante de neige qui flirte avec un brouillard blanc cotonneux. Sur les deux côtés de cette route, des lignées d’amandiers qui bourgeonnent déjà et dont les fleurs, tantôt blanches, tantôt roses, attirent irrésistiblement le regard. Elles bordent de vastes superficies de terres bien travaillées, couvertes, depuis jeudi donc, d’une épaisse couche de neige. Au sommet de la montagne, au détour d’un virage, apparaît la ville de Trouna, sous la brume hivernale. Un éden au milieu d’un immense panorama montagneux où la nature encore à l’état sauvage affiche des allures d’un autre monde. Les visiteurs, nombreux à s’y rendre en fin de semaine, notamment le vendredi, s’entendent à qualifier l’endroit d’éden en haute montagne, doté de panoramas splendides, dons de Dame nature, plus resplendissants encore en ces belles journées d’hiver. Cette région recèle des potentialités touristiques qui ne demandent qu’à être développées pour attirer davantage de visiteurs. La montagne d’Achtoug, qui culmine à quelques 1300 mètres d’altitude, est quant à elle, depuis longtemps déjà, une destination très prisée, et la neige tombée ces derniers, couvrant son épaisse végétation, rajoute à son mystère et à sa féerie. D’innombrables sources naturelles y jaillissent, des gouffres et des grottes naturelles la parsèment, truffées de stalactites et de stalagmites aux formes diverses, séduisant toute personne même de passage. Sur le pic de la montagne, un vieux chalet centenaire s’accroche sur un éperon rocheux. C’est la cabane de sidi Ali Ouachtoug, un saint vénéré et adulé par la population locale. A ce point culminant de la montagne, la vue est imprenable, s’étalant sur toute la haute vallée de la Soummam et le flanc Est de la montagne du Djurdjura. Une nature fantastique qui emplit les yeux de beauté. Les habitants de la région ont accueilli avec joie le tapis blanc qui a recouvert leur ville, la semaine dernière. Les véhicules descendant des villages de Beni Ourtilane, situés encore plus haut, ont tous leurs toits empesés d’une bonne couche de poudreuse. Si les plus jeunes ont opté pour les batailles de boules de neige et la confection des bonhommes de neige, les moins jeunes préfèrent, eux, la chasse au gibier, comme le lièvre facilement repérable grâce aux empreintes laissées sur la neige vierge. Il est suivi, à pas de loup par les chasseurs, jusqu’à sa tanière, où il se fait prendre sans résistance à cause du froid qui le tétanise. Ils étaient nombreux, sacs en bandoulières, remplis de vivres et d’outils de chasse, à prendre les chemins menant à la haute montagne le week-end dernier. Un loisir et un plaisir qui leur font oublier, un tant soit peu, le stress, la monotonie et l’oisiveté qui leur collent à la peau durant le reste de l’année. Ces chutes de pluie et de neige, qui se sont abattues durant toute la semaine dernière, ont fait aussi des heureux chez les fellahs qui ont chassé définitivement de leur esprit le spectre de la sécheresse qui menaçait. Toute cette eau tombée du ciel est en effet garante de bonnes récoltes qu’elles soient céréalières, fourragères, d’olives ou de figues. Toutes les communes se sont réjouies de ce bienfait des cieux, il permettra la régénération des nappes phréatiques, des sources et des puits. Autre conséquence de cet épisode neigeux, la chute sensible des températures qui a fait augmenter la demande en gaz butane. Une forte demande vite prise en charge par Naftal qui a approvisionné les commerçants, même les jours de relâche. La constance est néanmoins souhaitée, car l’hiver sera encore long.

 L.Beddar.

0