Par L. Beddar | 17 Aout 2014 | 4292 lecture(s)

La ville renoue avec les rushs des grands jours

Tichy enchante… comme d’habitude

Tichy, un lieu paradisiaque où l’on assiste, depuis le début de ce mois d’août, à des rushs quotidiens de familles et de touristes en quête de fraîcheur et de quiétude en bord de mer, est très convoitée pour sa proximité de la capitale des Hammadites, 13 kilomètres seulement.

Ceux qui l’ont visitée sont ses meilleurs supports publicitaires, car ils ne s’empêchent pas de la décrire aux autres comme un endroit idéal pour la villégiature. Ils la qualifient volontiers de station balnéaire féerique, avec des plages aux sables d’or et à l’eau cristalline, ses soirées à la douceur exquise et l’exceptionnel accueil des populations qui vous plongent dans un bonheur sans fin. C’est Tichy, la majestueuse, qui fait rêver les amoureux de la grande bleue en été. Jeudi passé, nous n’avons pas trouvé meilleur loisir que d’aller visiter cette belle station balnéaire qui reçoit, chaque jour, son lot d’estivants et de touristes. Elle constitue la destination privilégiée de millions de visiteurs venant de toutes les wilayas du pays et de l’étranger. En sortant de Bejaïa, nous prenons la RN9, une vraie route de vacances tant qu’on y double ou on croise des voitures immatriculées dans toutes les wilayas d’Algérie et aussi des départements français. Malgré son élargissement et sa transformation en double voies, les encombrements sont toujours là pour rappeler que cette région est très visitée en saison estivale. Notre première halte fut le village touristique Capritours. Une enclave touristique entourée d’un muret. Pour voir ce qui s’y passe, il faut y entrer. Une fois à l’intérieur, nous avons découvert deux cités, « Les Amandiers » et « les jasmins », où il fait bon vivre. Chacune compte environs cinq cents cabanons. Malgré la cherté de la location avoisinant les 10.000 dinars par jour, rares les journées où des appartements sont disponibles.

La caverne d’Ali baba
 
Capritours est une vraie caverne d’Ali baba, avec ses commerces multiples au nombre important, ses cafés et restaurants. C’est un coin paradisiaque réservé vraisemblablement à une clientèle aisée et diversifiée, où l’on entend particulièrement parler le français, ce qui prouve qu’il est majoritairement fréquenté par des familles d’émigrés qui peuvent se permettre des vacances dans de tels endroits avec la hausse de l’euro sur le marché parallèle. La langue kabyle aussi est abandonnement utilisée. La langue Arabe, facilement identifiable, est l’apanage de ces Algérois de souche Kabyle ou autres, qui font de Béjaïa leur destination préférée. Les plages, bien surveillées, sont remplies de monde. Ce qui est fort remarquable, c’est le respect entre les estivants, ce qui facilite la tâche aux éléments du service de sécurité, en civil et en tenue, qui pullulent sur la plage. Tout le monde est heureux au bord de mer et les gens sont bien servis par des marchands ambulants qui font les va-et-vient, proposant glaces, sandwichs et eau, car l’air marin et la chaleur salée donnent faim et soif. Dans la soirée, les nostalgiques sortent en barque vivre la tranquillité de la grande bleue, d’autres préfèrent rester sur les rivages scruter l’horizon lointain, et enfin, une minorité s’adonne à la pêche. Les frivoles choisissent la coupole où, souvent, des chanteurs s’y produisent, ce qui leur permet de se déhancher. Nous quittons Capritours pour l’hôtel Les Hammadites, situé à quelques encablures de ce village touristique.

«Les Hammadites», doyen des hôtels de la ville

C’est le plus ancien hôtel de la ville, appartenant à l’Etat. Il reçoit encore de nostalgiques touristes, notamment des étrangers et des délégations orientées par les organismes étatiques. Sa petite plage et la beauté naturelle des gigantesques arbres ombrageant une pelouse verte font le bonheur des familles. Les plus aisées trouvent le cadre, l’accueil, la cuisine et le service offert par l’hôtel, agréables. Les autres se contentent d’un pique-nique en plein air sur la pelouse, puis piquent un petit somme et retournent à la baignade, le temps de se ressourcer, de s’aérer et d’emmagasiner quelques émotions. L’après-midi, elles plient bagages et rentrent chez elles. « Nous sommes une famille de cinq personnes, dont seul le père travaille. Nous aimons venir à la plage. Nous préparons le manger à la maison et nous le ramenons ici. L’essentiel pour nous, c’est que les enfants soient heureux à la plage », a déclaré un père de famille. En sortant de l’hôtel des Hammadites, nous entrons de plein pied dans la ville de Tichy, dominée par les tentes aux couleurs bigarrées qui ornent le bord de l’eau. La ville côtière de Tichy s’accroche au flanc escarpé d’une imposante montagne, qui perd sa verdure au profit du béton qui ne cesse de gagner du terrain, avec de nouvelles constructions qui sortent de terre comme des champignons. Elle a les pieds dans l’eau, sur les rivages de la splendide mer méditerranée. Tichy s’étale sur une superficie de prés de 56 km2. Prisée par de nombreux estivants et touristes en mal de villégiature, elle accueille, à bras ouverts, les visiteurs qui y élisent domicile ou de passage se rendant aux plages de la côte Est ou à Jijel. Hôtels de luxe, restaurants aux plats culinaires du terroir… cinq kilomètres de côte offrant de merveilleuses plages propres et autorisées à la baignade et des criques féeriques. Autant de subtilités qui font que la plupart des vacanciers ne peuvent s’empêcher de visiter la station et d’y revenir, tant ils auront gardé d’elle le souvenir de vacances inoubliables qu’on n’y trouve nulle part ailleurs. Habituellement, le grand rush des estivants commence vers fin juin, mais exceptionnellement cette année, à cause du mois sacré du Ramadhan, Tichy semble faire exception à la règle. Même tardivement (elle a réellement débuté en ce mois d’août), la saison estivale est sur le point de faire le plein, rattrapant le temps perdu, au regard des flux d’estivants déferlant sur la ville et ses plages, particulièrement les week-ends. Pour parer la ville de ses plus beaux atours, les autorités ont engagé des travaux d’embellissement, avec peinture refaites des façades et des équipes de nettoiement écumant tous les recoins de la cité pour les rendant propres. La station ne semble vivre que pour le tourisme.

Un climat de convivialité règne dans cette station balnéaire
 
Citadins et campagnards, jeunes et moins jeunes, sont tous mobilisés et accueillent les visiteurs, nationaux et étrangers, dans un climat de convivialité. L’endroit est magique et impressionne les touristes avec une panoplie de commerces, exposant des vêtements d’été ou de plage, des robes traditionnelles, disponibles à profusion, et des produits de poterie. Il y a aussi l’émergence de fleuristes qui garnissent certains endroits et dont les roses dégagent de sublimes senteurs qui chatouillent les narines des passants. Pour les enfants, des manèges ont été installés entre les plages et la grande route. Pour les grands, des voitures auto-tamponneuses sont là pour leur procurer d’intenses moments de détentes et d’adrénaline. Pour les petits, divers jeux conçus spécialement pour eux leurs sont proposés. Côté hébergement, la dizaine d’hôtels affiche complet durant toute la saison estivale. Pour faire face à la demande croissante, des propriétaires privés louent leurs demeures, de même que de beaux camps de toiles ont été implantés un peu partout. Il n’y a pas que les familles aisées qui peuvent se permettre des vacances à Tichy. Il y a aussi une autre catégorie de touristes, d’humbles gens qui vivent leur séjour dans l’anonymat. Ils louent en groupe des garages ou de modestes appartements pour la modique somme de 200 dinars, par personne et par nuit. Cette année, une centaine de tentes de deux places sont installées sur la plage. Elles sont louées à 600DA la journée et 800DA la nuit. Beaucoup de jeunes passent aussi la nuit à la belle étoile, sur le sable. Pour ne pas sombrer dans la monotonie, ils créent leur propre ambiance, avec des chants et des danses qui durent jusqu’à des heures tardives de la nuit. L’enthousiasme est à son comble, pour ces enivrés qui ne peuvent se passer de la mer. Venant des villages de Kabylie, des wilayas de l’Est, notamment Sétif, Batna, Biskra, Bordj Bou Arreridj et M’Sila, ils vivent en parfaite harmonie et tous disent que les plages de Tichy sont les plus belles d’Algérie. Cette station balnéaire s’éveille, chaque matin, à l’ombrage de la montagne, à l’abri d’un soleil radieux. Elle a le don de procurer d’intenses moments de bonheur et de rêve à tous ceux qui l’aiment et la portent dans leur cœur. La plage qui longe le centre-ville, la plus importante, déborde d’estivants. Une famille algéroise, habituée des plages, n’a pas manqué de nous signaler que pour elle, les sites touristiques de Kabylie sont envoûtants. « J’ai fait les plages de Kabylie, de Boumerdès à Bejaïa en passant par celles de Tizi-Ouzou, cette fois-ci je suis à Tichy et je suis vraiment satisfait de mon séjour, comme d’habitude. Les gens… je les trouve très hospitaliers !», dira une dame qui semble être d’un niveau culturel élevé et savoir apprécier le sens de la vie. Dernier site visité, la cité Ben Saïd, connue sous le nom Bacaro.
 
Bacaro, banlieue de Tichy

Elle est située à environ un kilomètre de Tichy, sur la route menant vers Aokas. A droite, des bâtiments fraîchement relookés et des villas pavillonnaires accrochées au flanc de la montagne dominée par une végétation dense et verdoyante, le sommet recouvert d’un épais brouillard cotonneux qui descend du ciel. A gauche, une plage bondée de monde que côtoient des cabanons, des fast-foods, des cafétérias, des salles de jeux, des points de ventes de produits artisanaux...  Un tableau féerique que la station balnéaire vous invite à venir visiter. Il fait vraiment bon vivre en ce mois de vacances, dans cette région de cocagne aux panoramas multiples et surprenants. Les citadins aiment aller à la rencontre des sites prestigieux, pour oublier le tumulte et la pollution urbaine de la grande ville, ne serait-ce que pour quelques heures d’évasion. La canicule, qui mène la vie dure aux gens, en est aussi l’une des causes qui font que ces derniers se réfugient à la plage qui procure une sensation de fraîcheur. Pendant que les jeunes et les enfants se baignant bruyamment en faisant des plongeons, les parents se détendent sous les tentes et les parasols, sentant les embruns de l’eau salée. Des petits vendeurs passent et repassent, proposant des cacahuètes et de la nourriture. Bientôt, les vacances seront terminées et Tichy se remettra à son autre vocation, le sport. C’est une place où le football roi rayonne, comme en témoigne l’accession arrachée par le club local qui évoluera cette saison en régionale Une de la ligue régionale de football d’Alger. L’hiver n’est jamais monotone donc, dans cette station balnéaire, grâce à la JS Tichy qui occupe les jeunes avec son excellent football.

L. Beddar

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