Par L. Beddar | 23 Aout 2014 | 2183 lecture(s)

Béjaïa : Virée à l’Est de la wilaya

Le tourisme ne s’arrête pas à Tichy…

Béjaïa a déjà acquis son label de région touristique par excellence avec une côte de 100 kilomètres, offrant une trentaine de plages autorisées à la baignade et des endroits féeriques et magiques propices à la détente, loin des tumultes de la grande ville.

La ville de Béjaïa ne laisse jamais les touristes indifférents. D’abord, ils sont accueillis à leur sortie du port en venant par bateau par cette arche très ancienne appelée Bab El Bouhour. Gardant encore une ancre marine, cet édifice se dégrade et il ne reste de lui que quelques pierres qui ne tarderont pas à s’affaisser ce qui est inquiétant, car c’est l’histoire de la ville antique de Béjaïa qui disparaîtra avec. C’est la porte de l’ancienne ville de Béjaïa à partir de la mer. Cette ville ancienne, qui reçoit des milliers de touristes, est livrée à elle-même et l’on se demande si elle a reçu ou va recevoir un programme de restauration pour sauver ce qui reste encore à sauver. Mais Béjaïa possède aussi le tourisme de montagne dans l’arrière pays que les touristes commencent à découvrir, ces dernières années. La Kalâa des Ath Abbès et Seddouk Oufella la citadelle ont une histoire commune grâce à leurs valeureux enfants, les Mokranis et les Belhaddad qui ont mené une insurrection contre l’armée française en avril 1871. Une guerre qui a duré 10 mois. Les insurgés après la défaite ont payé de leurs vies. Torturés, expatriés et tués, outre leurs terres séquestrées. Ces forteresses inexpugnables reçoivent leur lot de visiteurs.  Trois stations thermales, Sidi Yahia, Silal et Assif El Hammam, répondent aux goûts des curistes pour leurs eaux bienfaitrices qui apportent des soulagements à certaines maladies. Laissées à l’état traditionnel, ces stations méritent bien d’accueillir des infrastructures modernes au regard des nombreux curistes et touristes qu’elles reçoivent.  La gigantesque forêt d’Akfadou, séparant les territoires de Béjaïa de celui de Tizi-Ouzou, est encore là pour témoigner d’un passé glorieux. Elle était le bastion des Moudjahidine et a en son sein le PC du colonel Amirouche. Ses enfants, là où ils se trouvent, ne l’oublient jamais. Ils reviennent en force en été comme en hiver et pensent aux moyens à mettre en œuvre pour la sortir du sous-développement. Akfadou a été la capitale de la culture durant trois jours cet été, soient les 17, 18, 19 août  où diverses activités culturelles ont eu lieu. Les gens sont venus de partout et cela a bien valu le coup puisque Idir, la star de la chanson kabyle moderne, a été invité pour la clôture du festival pour l’animation d’un gala inédit dans la région. Non loin de là, chaque 20 août nous rappelle ce qui s’est passé à Ifri Ouzellaguen en 1956, endroit choisi par Abane Ramdane et ses frères, têtes pensantes de la révolution de Novembre 1954. Et c’est là que ces dignes fils de l’Algérie se sont réunis en conclave pour mettre un socle à la révolution. Le conclave a pris le nom du congrès de la Soummam. Le mausolée, construit à cet effet sur l’endroit même de la tenue du congrès, est devenu un lieu de pèlerinage.

Aokas, la chaleureuse

Le littorale Est de Béjaïa offre aux visiteurs des commodités à la mesure des ambitions de chacun. Riches et pauvres s’y côtoient chaque jour. Des hôtels, des restaurants, des bars, des fast-foods, des cafés et autres commerces de rafraîchissement sont autant d’infrastructures qui existent en nombre suffisant et qui attirent beaucoup de monde durant les trois mois de l’été. Nombreux sont ceux qui pensent que le tourisme s’arrête à la station balnéaire de Tichy ! Certes, elle demeure la cité touristique la plus spacieuse et la plus importante en matière d’infrastructures, mais en prolongeant la route vers Jijel, le routard aura à découvrir plusieurs cités touristiques de moindres importances, mais chacune a sa spécificité.  À la sortie d’un tunnel, il y a la localité d’Aokas, une petite ville chaleureuse située au flanc de la montagne. Ceux qui l’ont déjà visitée n’oublieront jamais ses merveilles de sitôt. Les grottes merveilleuses avec leurs stalactites et stalagmites à l’intérieur font rêver les visiteurs qui restent ébahies devant tant de subtilités se trouvant à l’intérieur. Pour les amateurs de randonnées pédestres, beaucoup ont emprunté ce chemin qui mène au sommet de la montagne et aux grottes féeriques qui s’y trouvent. En contre-bas, se trouve la plage aux galets que les estivants préfèrent pour sa propreté et son eau limpide. Enfin, en continuant vers Souk El Tenine, une pléiade de camps des vacances en nombre important sont installés au bord de la mer, sous de gigantesques arbres ombrageux tout le long de la route. À l’entrée de la ville de Souk El Tenine se trouve un carrefour. La route de gauche prolonge le littorale vers la cité balnéaire de Melbou et les falaises et celle de droite traverse la localité de Souk El Tenine, les gorges de Kherrata et continue vers Sétif. Sur cette route serpentée, située entre deux chaînes de montagnes et longeant une rivière sur une vingtaine de kilomètres, beaucoup s’arrêtent pour contempler la nature à l’état sauvage, les cascades d’eau ou les singes magots qui font la communion avec les humains à cet endroit. Il y a aussi ces plages dont la plus prisée se situe à l’entrée de la ville sur le bas côté de la route où les automobilistes peuvent s’arrêter un moment et découvrir une marrée humaine venue se délasser au bord de la mer.

Melbou, beauté et tranquillité

La ville de Melbou présente une diversité de paysages qui sauront séduire le visiteur le plus attentif, ses traditions séculaires riment avec la chaleur de l’accueil et les richesses du terroir. Elle partage avec Souk El Tenine un vaste plateau en raison des commodités qu’elles renferment : propreté et tranquillité des lieux en été. À la sortie de la ville, en continuant vers Jijel, les falaises, c’est un véritable paradis écologiques pour les randonneurs à pieds ou en motos et les voyageurs en autos qui empruntent cette route sinueuse, collée au flanc d’une montagne et taillée sur des rochers. Parfois les flâneurs s’arrêtent pour contempler une mer bleue à l’eau très limpide ou la montagne au relief escarpé et recouvert de végétation verdoyante. Les singes magots, seuls locataires de ces endroits, attirent beaucoup de touristes surtout les jeunes enfants. Dès qu’une personne leur montre un bout de pain, ils déferlent pour le prendre. Ce qui amuse les touristes, ce sont les grimaces et les gestes qu’ils se font entre eux. Ils sursautent, montrent les dents et font parfois peur alors qu’ils sont inoffensifs. Préférant même fuir qu’attaquer, en se jetant en bas de la route ou en montant sur les branches d’un arbre. En continuant sur cette route, plusieurs plages montrent des signes que la côte de Jijel est aussi prisée par les estivants et touristes au même titre que celles de Béjaïa avec des rivages bondés de mondes. Des parasols aux couleurs bigarrés ornent les plages. Ziama Mansourah, la station balnéaire qui ne se désemplit jamais durant toute la période estivale.

Et Jijel à l’autre bout

En ville, les bouchons ne cessent de se former à cause de la grande affluence des automobilistes qui s’y rendent pour s’approvisionner. Des senteurs émanent de chaque coin et chatouillent les narines. Des cacahuètes salées et des beefsteaks grillés au feu de braise allèchent les babines. Le gosier qui devient sec avec la chaleur étouffante de la journée invite à prendre des crèmes glacées, des rafraichissantes disponibles partout. Enfin, arrivée à l’endroit magique où il est difficile de trouver un endroit pour garer sa voiture à cause du nombre important de véhicules en stationnement. C’est le petit parc des loisirs situé au dessus de la route où des bancs sont installés sous de gigantesques arbres ombrageant tout le périmètre. Des familles trouvent ce lieu idéal pour la détente. Certains marquent un temps d’arrêt, le temps d’un pique-nique où tous les membres de la famille sont invités à un repas. Mais beaucoup de touristes ont une seul idée en tête : visiter la vallée située dans un grand massif montagneux où se trouvent les grottes merveilleuses qui font la renommée de cette wilaya de l’Est du pays connue aussi à travers ses sites touristiques sublimes. Il faut subir une chaîne, de plusieurs heures parfois, pour avoir l’accès à ces grottes qui attirent un monde fou de par les trésors qu’elles renferment à l’intérieur. Jijel, la ville aux diverses couleurs, a les pieds dans les eaux de la côte méditerranée. Elle s’éveille chaque matin sous le son des sirènes des pécheurs qui rentrent les barques pleines de poissons de diverses natures dont la plus dominante, la sardine. Sous les lumières, le marchandage commence, et avant le lever du jour, camionnettes et charrettes se lancent pour sillonner  les artères de la ville et les villages à la rencontre des clients habituels ou occasionnels. A peine les premières lueurs de soleil descendent-elles de la montagne, la ville déjà grouille de monde sortant des maisons ou venant de la gare routière où des bus pleins à craquer arrivent de partout. Les voitures immatriculées dans toutes les wilayas du pays montrent à quel point la ville de Jijel à une renommée nationale. Béjaia comme Jijel recèlent des potentialités touristiques non négligeables, de gros efforts ont été déployés par le privé en ce qui concerne les infrastructures d’accueil, mais en revanche, la propreté des lieux demeurent du domaine public et certains endroits sont envahis de débris et saletés de toutes sortes, d’où la menace qui pèse sur la santé des estivants. A quand la relance du tourisme dans ces deux régions fabuleuses ?

L. Beddar

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