Par DDK | 6 Décembre 2017 | 2760 lecture(s)

REPORTAGE - Souk El-Ténine

Une municipalité en souffrance !

La commune de Souk El-Ténine relevant de la daïra de Maâtkas, à 25 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, reste déshéritée.

En effet, la municipalité, qui compte 15 000 habitants répartis sur sept villages, n’a pas évolué ces dernières années. Même les cantines scolaires à travers les établissements de la municipalité ne sont pas encore fonctionnelles deux mois après la rentrée des classes. Les seuls projets lancés dernièrement sont l’agence postale et la bibliothèque communale et ils ne sont toujours pas achevés à ce jour. Rien n’a changé. «Souk El-Ténine des quinze dernières années n’a pas évolué», déplore un habitant du chef-lieu.

Un chef-lieu sans gaz naturel

Au moment où le gaz est arrivé même dans les villages les plus reculés de la wilaya, comme c’est le cas à Tirourda, Iferhounène, Aït Amar et dans d’autres villages de la Kabylie profonde, au moment où le taux de couverture en gaz naturel de la wilaya a connu une avancée spectaculaire puisqu’il dépasse 75%, à Souk El-Tenine, le gaz n’y est toujours pas. Hormis quelques villages comme Tighilt Mahmoud, Agouni Bouffal, Aït Izzid où le raccordement ne concerne pas toutes les habitations, dans les autres villages, ce combustible n’est toujours pas arrivé. «Le taux de couverture en gaz dans notre municipalité ne dépasse pas les 30%», souligne un avisé sur le dossier. À travers les villages, même le réseau électrique n’est pas généralisé puisque des centaines de foyers, notamment les nouvelles habitations et les maisons éparses, ne sont toujours pas raccordés au réseau. Le recours aux branchements illicites est chose courante et passe pour normal ! Pour ce qui est de l’éclairage public, il n’est pas généralisé au chef-lieu puisque des quartiers entiers sont plongés dans le noir dès 19 heures. Dans les villages, c’est le même constat.

Anarchie, bouchons interminables et insécurité

Malgré le projet de l’aménagement urbain lancé en grande pompe en 2013, cinq ans après, l’image de Souk El Tenine n’a pas changé. En effet, le projet de l’aménagement urbain lancé s’est limité au revêtement des trottoirs en pavés et quelques pilonnes électriques installés sur l’axe principal, rien d’autres n’est venu embellir le chef-lieu. Des quartiers sont toujours sans trottoirs, les espaces verts et de détente ne sont pas réalisés et le projet de démolition et de reconstruction des anciens locaux commerciaux n’est pas encore lancé. Les bouchons sont interminables. Pour traverser l’axe principal long de mois de 500 mètres, il faut beaucoup de patience. Si par hasard un camion de gros tonnage ou un bus du transport universitaire est de passage, autant éteindre le moteur et attendre patiemment. Les autorités sortantes ont tablé sur la délocalisation des marchands ambulants vers le marché couvert de proximité réalisé, mais cela sans compter sur l’aval des dits commerçants qui ont tout bonnement refusé de rejoindre cet espace. Du coup, le marché couvert de proximité, construit à coup de millions de dinars, est aujourd’hui vacant. L’insécurité, la violence et les vols sont quasi quotidiens. La meilleure preuve, c’est que les commerçants se couchent dans leurs boutiques, ou louent les services d’un gardien de nuit.

Le sport et la culture au ralenti

L’unique stade communal disponible à Souk El-Ténine et au niveau de la daïra de Maâtkas est le stade de Fekrane, mais dès l’annonce de l’inscription d’un hôpital de 60 lits, ce stade a été réservé à ce projet. Du coup, il a été laissé à l’abandon. L’IRB Souk El-Ténine, un club évoluant en championnat de wilaya, est devenu SDF. La seule salle de sports qui existe au niveau de la commune est celle implantée à la cité dite Garage, mais elle ne permet pas la pratique des sports comme le volley, le basket ou le hand-ball. Elle sert juste aux amateurs des sports de combat. Concernant le secteur de la culture, c’est le désert ! Aucune maison de jeunes et aucun centre culturel. Même l’ex-siège de l’APC est mis à la disposition des associations communales comme celles des Moudjahidine, des enfants de Chouhada et des handicapés. Certes, il existe quelques associations qui activent à l’occasion, mais elles sont obligées d’avoir des autorisations pour accéder aux écoles, chose qui n’est pas facile de nos jours. La bibliothèque communale, un projet inscrit depuis 2007, n’est pas encore achevée. «Son taux d’avancement est d’environ 65%. Il nous faut une enveloppe supplémentaire pour son achèvement», a indiqué un élu.

L’environnement, deux villages propres mais…

Dans cette commune, l’environnement est aussi un parent pauvre. Pour se rendre compte, il n’y a pas mieux qu’une virée le long du CW147, en allant vers Mechtras. Du chef-lieu jusqu’à l’entrée de Mechtras, le décor est tout simplement hideux. De part et d’autre de la chaussée, toutes sortes de déchets. Des sachets, des cannettes et des bouteilles vides, des objets hétéroclites envahissent les accotements. À Ighil Oumenchar, au niveau de l’ex-décharge communale soi-disant officiellement fermée, c’est une autre catastrophe. Certes, de temps à autres la case communale libère la route de ces monstruosités déposées çà et là rétrécissant ainsi la chaussée, mais les incivilités ont la peau dure. De loin, Ighil Oumenchar offre une vue paradisiaque mais une fois sur les lieux, c’est vite la déception et la désolation. À signaler que lors de la dernière édition du concours Aïssat Rabah du village le plus propre, deux villages de la commune se sont illustrés par l’obtention de la 7e (Izaouiyene) et la 8e places (Tighilt Mahmoud), ceci grâce surtout aux efforts des villageois.

Hocine. T

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