Chacun de nous sait que le football est devenu depuis des lustres l’un des meilleurs ambassadeurs que puisse avoir un pays. Une simple présence d’une équipe nationale au mondial suffit à un pays pour sortir de l’anonymat en se faisant connaître à travers toute la planète. Souvenons-nous un peu de la fameuse épopée de notre onze national, lors de la coupe du Monde de 1982, et cette historique victoire algérienne sur le géant allemand, dont l’écho a fait le tour du monde et qui reste gravée à jamais dans la mémoire des Algériens. C’est la raison pour laquelle, les Etats à travers le monde accordent un intérêt particulier à la pratique du sport roi en essayant de préserver cette discipline qui reflète l’image de toute une nation au plus haut niveau. Pour ce faire, dans tous les pays, le droit à l’humiliation n’est pas pardonné, y compris chez nos voisins maghrébins. Un échec d’une représentation nationale amène souvent, voire systématiquement, à la démission ou au limogeage des responsables concernés, non seulement au niveau des staffs techniques, mais aussi des dirigeants, voire au plus hautes instances du pays. Chez nous, c’est malheureusement tout le contraire qui se porduit. En effet, ce sont ceux-là même qui se payent assez souvent des entraîneurs comme boucs émissaires qui sont à l’origine de l’humiliation qui reviennent au-devant de la scène pour faire le » bilan » de l’échec et proposer des solutions les plus « appropriées » pour y remédier. Les appels à la compréhension et au soutien de la « famille » sont les maîtres mots utilisés pour se rassembler dans l’échec en optant pour la formule « on reprend les mêmes, on efface tout, et on recommence ! » Jusque-là, soucieux beaucoup plus de leur devenir, leur alléchante carrière oblige, on peut les comprendre, mais dans cette histoire ce qui est blessant c’est que ces derniers réduisent une humiliation nationale à un petit problème de famille. Nos responsables ont tendance à oublier que le football national n’est pas une histoire de famille, mais celle de tout un peuple. Ils font comme si les milliards qui partent chaque année en fumée pour un spectacle médiocre et une représentation déshonorante n’appartiennent pas à tous les Algériens, mais à ceux-là qui veulent réduire l’intérêt suprême de la nation à un problème de famille, dont ils ne détiennent pas le livret. Messieurs, vous avez fait trop de mal, continuez à bouffer, mais de grâce faites-le dans la discrétion.
S. K
