Le GSPC a signé, encore une fois, sa présence sanglante la veille de ce week-end, à l’est et au sud-est de Boumerdès. Au moins cinq blessés ont été dénombrés suite à l’explosion de trois bombes artisanales à la lisière des villages de Cap Djinet et Tidjelabine.La pression terroriste est planifiée en trois temps, à quelques heures du début du référendum pour le projet de charte portant sur la paix et la réconciliation nationale.De retour d’une opération de reconnaissance effectuée, mercredi dernier aux environs de 18 heures, dans le maquis d’El Feyadh relevant de Cap-Djinet des patrouilles de forces combinées de sécurité furent surprises par la déflagrations d’une bombe artisanale au lieu-dit Boumlih. Les éclats de l’engin meurtrier actionné à distance par un groupe terroriste blessèrent un gendarme. La victime sera immédiatement évacuée vers un centre de santé de la périphérie. Intervenant juste après, des patrouilles militaires auraient désamorcé, a-t-on signalé, plusieurs autres engins meurtriers enfouis aux abords de sentiers fréquemment empruntés par les forces de sécurité. Celles-ci avaient renforcé au cours de la même nuit, leur dispositif de surveillance, notamment à proximité des centres de vote de l’agglomération.
Bombes dans un centre de voteMoins d’une heure après, deux autres attentats à l’explosif seront planifiés par l’hydre islamiste sur les hauteurs de Tidjelabine, précisément dans l’enceinte de l’école Ahmed-Ouadou, du douar Belhasnet. En montant, à la nuit tombée, sur la terrasse de l’établissement (reconverti en centre de vote), trois gardes communaux seront grièvement atteints aux membres inférieurs par les éclats d’une bombe reliée à un téléphone portable. Dissimulé dans un talus, à quelques mètres de ce centre de vote, un engin infernal de même type explosera un quart d’heure plus tard au passage d’une patrouille militaire. Evacuant les trois blessés à ce moment précis, la patrouille de l’ANP échappe de justesse à l’attentat. Mais un adolescent de 17 ans, A. F., qui passait par là, fut malheureusement atteint aux jambes par la déflagration.Selon les témoignages recueillis sur place jeudi dernier en milieu de journée, les jours des quatre victimes sont hors de danger.Le profond cratère laissé ici et là par les deux bombes renseigne sur la puissance des deux bombes meurtrières. Les riverains ont cependant accompli leur devoir électoral. C’est un acte démocratique illustrant ce “désir ardent de renouer définitivement avec la paix”, pour reprendre l’expression d’un enseignant du village. Un élan vital, aussi, consolidé depuis plus d’une décennie par la contribution de nombreux villageois dans la lutte antiterroriste en tant que membres de la garde communale ou des GLD. Mais la persistance des actes terroristes inquiète de plus en plus la population de Boumerdès. Les incursions sanglantes de ce week-end s’ajoutent à une série d’attentats ayant coûté la vie, en moins d’un mois, à 8 citoyens, civils et militaires confondus.L’on apprend, par ailleurs, qu’un autre élément du détachement militaire ciblé dimanche dernier à la lisière de Dellys, vient de succomber à ses blessures. Le nombre de morts est ainsi porté à deux, en plus de quatre blessés, suite à cette attaque à l’explosif. Dans plusieurs communes de cette wilaya, l’année 2005 est jalonnée d’attaques meurtrières, d’opérations de racket, de rapt suivis d’exigences de rançons, en dépit des multiples interventions des forces de sécurité. Pas moins d’une quarantaine de terroristes y ont été éliminés, depuis janvier 2005. Une trentaine d’autres éléments du GSPC s’y sont rendus dans le même temps, sous la pression de l’ANP. Mais le bilan macabre de la résurgence de l’islamisme armé confirme dans son détail, le redéploiement des organisations terroristes. Considérés comme “irréductibles”, celles-ci profitent de la moindre occasion pour planifier ses coups brutaux. Et tenter d’orienter la politique de réconciliation nationale, selon des plans diaboliques, pour en tirer escomptent-elles, des dividendes.
S. H.
